C'est pas mon idée !

mardi 21 octobre 2014

InsPeer prépare une assurance P2P française

InsPeer
L'Allemagne a (de longue date) Friendsurance, le Royaume-Uni a (depuis peu) Guevara, la France aura (bientôt) insPeer. Avec une stratégie sensiblement différente de celle des deux pionnières, la jeune pousse française s'apprête en effet à introduire un peu de « peer-to-peer » (P2P) dans le paysage hexagonal de l'assurance.

Fondée au début de l'année et actuellement hébergée au sein de l'incubateur du Pôle Finance Innovation, insPeer se trouve ces jours-ci sous les feux de l'actualité car elle a été sélectionnée pour faire partie des 40 finalistes des Grands Prix de l'Innovation de la Ville de Paris 2014, dans la catégorie des services aux particuliers. Il faudra attendre encore quelques semaines (mois ?) avant que son service ne soit effectivement opérationnel, mais quelques grandes lignes en sont déjà esquissées.

Le fonctionnement repose, comme toujours, sur la constitution de communautés d'utilisateurs. En l'occurrence, et en synthèse, le candidat à l'assurance insPeer va, après son inscription sur le site, inciter sa famille et ses amis à le rejoindre, afin de constituer un groupe de couverture mutuelle. Chacun des participants va alors apporter sa contribution – pour un montant pré-déterminé – à un fonds de garantie qui interviendra dès que l'un d'entre eux subira un dommage.

À cette base standard (dans le monde émergent de l'assurance P2P), insPeer ajoute quelques particularités notables. Tout d'abord, l'établissement d'un « contrat » entre les membres d'un groupe est uniquement basé sur la confiance et aucun transfert d'argent n'est impliqué à ce stade. Ce n'est qu'en cas de sinistre que des appels de fonds sont émis, par la plate-forme, pour un montant ajusté selon les frais réels engagés. Le risque de défaut n'est pas négligeable (bitcoin pourrait apporter une solution !) mais la gratuité initiale du service est une extraordinaire clé de séduction…

InsPeer

Plus important, le modèle d'insPeer a vocation – au moins dans un premier temps – à ne s'appliquer qu'aux franchises des polices d'assurances traditionnelles : le mécanisme proposé permet seulement aux utilisateurs de bénéficier d'une option de rachat à moindre frais. L'intérêt est multiple pour la startup : les montants couverts restent limités et les garanties peuvent ainsi être mises en place indépendamment des contrats existants, sans nécessité de partenariat compliqué avec une compagnie classique et, probablement, dans un contexte réglementaire allégé.

Bien que sur un périmètre réduit (de la franchise), les promesses d'insPeer à ses (futurs) clients sont identiques à celles de ses prédécesseurs : un meilleur contrôle des dépenses, assorti d'une transparence sans égale, l'ensemble reposant sur une notion de communauté choisie, au sein de laquelle la confiance prime. Il s'agit donc d'une application au secteur de l'assurance des principes de l'économie de partage. Et on peut gager que, si le concept se développe et conquiert les français, il pourra s'étendre aisément à d'autres types de garantie…

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