C'est pas mon idée !

lundi 30 août 2010

Comment la DSI de Llyods accompagne le métier

Lloyds
Un commercial qui veut dialoguer avec un client sur Facebook, un assureur qui souhaite accéder sur son smartphone à un des contrats qu'il gère alors qu'il est en déplacement : si vous êtes dans une entreprise classique, vous vous attendez certainement à la réaction de votre DSI et/ou de votre manager : VERBOTEN !

Chez Lloyds, la vénérable compagnie d'assurance, le message est totalement différent : Peter Hambling, le DSI, a compris qu'il devait établir une nouvelle relation avec ses "clients" et, après avoir obtenu l'aval de son conseil d'administration, il a mis en place un "contrat" avec les responsables métier en vue de déployer les technologies utiles pour leur activité en partageant les risques avec eux. D'un modèle où les risques amenés par la technologie constituent un problème informatique qu'il faut écarter, le DSI est ainsi passé à la vision d'un risque pour l'entreprise qu'il s'agit de maîtriser.

Mais ce n'est pas seulement l'utilisation de Facebook ou d'iPhones qui est différente chez Lloyds : les équipes informatiques y sont également immergées au coeur des équipes métier, ce qui a permis de développer de nouvelles applications et d'innover, en évitant les dérives que l'on peut trouver dans d'autres entreprises (pensez à tous ces iPhones qui se connectent à votre SI malgré l'interdiction en vigueur...).

Référence : Ted Schadler's Blog (Forrester).

dimanche 29 août 2010

A quoi peut servir un iPad ?

Apple iPad
Après le déluge d'information subi lors de son lancement, l'iPad se fait désormais plus discret dans les média. L'usage de la tablette d'Apple en entreprise continue cependant à susciter l'intérêt, offrant un peu de recul par rapport aux visions initiales d'un raz-de-marée signant même pour certains la disparition prochaine du PC portable...

Alors, avec quelques mois de retours d'expérience, examinons quelques réflexions glanées sur le web à propos de l'utilisation de l'iPad pour des besoins professionnels.

Commençons avec les usages pour lesquels la tablette apporte une nouvelle dimension, selon Ted Schadler (Forrester) et les commentateurs de son article sur le sujet. Il en identifie 3 et son appel aux suggestions des lecteurs n'a pas permis d'en détecter plus (j'ai moi-même du mal à en trouver d'autres) :
  • Le support de présentation (notamment commerciale) individuelle (avec un seul interlocuteur), qui permet une interaction plus étroite qu'avec un PC, en face à face et sans le "mur" que constitue habituellement l'écran.
  • Le déplacement "léger" : en remplacement d'un PC, par exemple pour un voyage de courte durée, sans son encombrement et son poids.
  • Les besoins spécifiques des personnels mobiles et travaillant souvent debout : dans les entrepôts, les hôpitaux, les grandes surfaces... pour lesquels l'interface de la tablette est mieux adaptée qu'un PC portable.
Ted note néanmoins que, même pour ces applications, l'iPad n'est pas idéal : problèmes de compatibilité avec les outils de présentation "habituels" (Microsoft Powerpoint...), nombre limité d'applications professionnelles...

Pour aller plus loin, Mark McDonald (Gartner) évalue la capacité de l'appareil à remplacer un PC pendant ses vacances. Son expérience s'avère globalement positive, pour le traitement de ses messages, la production de quelques documents bureautiques, la lecture et l'annotation de documents PDF et l'utilisation d'applications web.

Il confirme cependant les limitations auxquelles on pouvait s'attendre : la rédaction de documents complexes ou longs peut devenir pénible (alors même qu'il utilise un clavier avec son iPad) et il a été particulièrement gêné par l'absence de notion de "fichier" dans le système d'Apple (les documents doivent être échangés par mail ou via un service de partage en ligne). Enfin, bien évidemment, Mark regrette l'impossibilité d'utiliser certaines applications d'entreprise non disponibles en ligne, ce qui conduira de nombreux utilisateurs potentiels à ne pouvoir utiliser l'iPad que comme deuxième machine.

Galen Gruman (Infoworld) s'est livré à une expérience similaire (pas en vacances, cependant) et ses conclusions sont identiques, notamment en ce qui concerne la gestion des fichiers et la production de documents, pour laquelle il a utilisé des applications complémentaires (QuickOffice et DocsToGo) et non seulement la suite iWork livrée par Apple.

Galen a aussi expérimenté l'application Receiver de Citrix, un "client léger" qui permet d'accéder aux applications d'entreprise sur le réseau (d'autres fournisseurs proposent des solutions semblables). Il s'en dit satisfait, bien que l'émulation de la souris par les mouvements des doigts sur l'écran ne soit pas adaptée à toutes les applications. Et cette solution n'est viable que dans les entreprises qui ont mis en place l'infrastructure Citrix nécessaire.

Quelques autres limitations sont également citées : le mauvais fonctionnement des Google Apps avec le navigateur Safari, l'absence de capacités d'impression (bonne nouvelle pour l'environnement !), la possibilité d'utiliser la sortie vidéo (par exemple pour projection) avec quelques applications uniquement...

Pour terminer, Shu Fhang Soh (Banking Review) s'attarde pour sa part sur le applications bancaires sur l'iPad. Il n'en ressort à mon avis que peu d'idées intéressantes puiqu'il est essentiellement question de fonctions identiques à celles qui prévalent déjà sur l'iPhone (et autres smartphones) : consultation des comptes, réalisation de virements, recherche d'agences ou de distributeurs...

Elle suggère l'utilisation d'outils de visioconférence ou de web conférence mobiles ou encore de mise à disposition de données enrichies (difficiles à présenter sur un écran de smartphone). Mais à ce stade, je m'interroge : pourquoi une banque proposerait-elle des services de ce type sur l'iPad avant de penser aux utilisateurs (100 ou 1000 fois plus nombreux !) de PC, même si ceux-ci sont moins mobiles ?

Pour l'instant, je resterai donc sur ma position : l'iPad n'apporte pas grand chose en entreprise... Mais je ne demande qu'à être surpris par des usages innovants qui pourraient réellement le rendre indispensable !

Génération Y, la fin du mail ou pas ?

Messagerie
Vous l'avez certainement lu comme moi, un peu partout : les jeunes de la génération Y (ou les "digital natives") dédaignent la messagerie classique et n'utilise plus que réseaux sociaux, IM et SMS pour communiquer, faisant palir les "vieux" (managers, responsables de la sécurité, directeurs informatiques...) dans les entreprises qui se demandent où cela les mènera...

Récemment, Craig Roth (Gartner), argumentait de manière très judicieuse sur le sujet : les besoins de communication des jeunes que ne satisfont pas la messagerie sont très différents des besoins d'échanges dans un environnement professionnel et les digital natives utiliseront la messagerie lorsqu'ils arriveront dans l'entreprise, car elle constitue un média beaucoup mieux adapté à ces besoins.

Lorsque j'ai lu son article, Craig m'avait convaincu mais, après 3 semaines de rumination, le doute s'est insinué en moi et je pense finalement qu'il est passé totalement à côté du coeur du "problème" : ce ne sont pas les outils qui comptent mais bien les modes de communication. Je pense en effet que, loin d'adopter la messagerie pour se "couler" dans le moule de l'entreprise, les générations Y vont en fait y apporter leurs solutions préférées pour adapter leurs habitudes de collaboration à leur travail.

Et, si on y réfléchit un peu, ce pourrait être une évolution salutaire ! Quand je compare les difficultés à faire accepter le concept de travail collaboratif dans les entreprises (j'ai quelques missions à mon actif sur ce thème...) à la facilité avec laquelle les jeunes font appel à leur "réseau", en temps réel, pour résoudre le moindre problème (par exemple pour réaliser leurs devoirs scolaires), il me semble que l'entreprise a tout à gagner dans cette transformation.

Reste que la transition va être difficile : la collision des approches est inévitable, même si elle doit encore attendre que les jeunes accèdent à des postes où ils pourront faire valoir leurs idées. L'expérience montre que pour de nombreux collaborateurs (la majorité), et quelles que soient les incitations (quand elles ne se limitent pas à mettre en place un nouvel outil), le travail collaboratif n'est pas naturel. Si (ou quand) l'entreprise devient "hyper-collaborative", une nouvelle génération d'exclus se prépare... Et alors, la question de l'utilisation ou non de la messagerie deviendra bien anecdotique...

CloudCrowd, la main-d'oeuvre dans le cloud

CloudCrowd
Le modèle d'externalisation de tâches humaines dans le "cloud", initié par Amazon avec Mechanical Turk, commence à faire des émules. CloudCrowd vient ainsi de conclure un round d'investissement de plus de 5 millions de dollars pour développer ses services.

Le principe de CloudCrowd est identique à celui de ses concurrents et consiste à mettre en contact des demandeurs ayant des tâches non automatisables à effectuer avec des personnes disposant de temps pour les réaliser. Les premiers formalisent leurs demandes, avec l'aide des équipes de l'éditeur, les publient sur le site et les seconds sont alors sollicités pour les traiter.

Après une première sélection réalisée par CloudCrowd, les "travailleurs" sont évalués à l'issue de chacun des travaux qu'ils effectuent, ce qui leur permet d'obtenir des tâches de plus en plus complexes et spécialisées (donc plus intéressantes et mieux rémunérées) au fur et à mesure que leur "crédibilité" croît. Ce mécanisme d'évaluation permet à l'éditeur de vanter la qualité des résultats, notamment par rapport à MTurk, tout en maintenant les avantages principaux du système pour les demandeurs : coûts faibles et rapidité de traitement.

Le service est décliné en deux versions spécialisées : une pour l'édition de document ("édition" au sens de relecture et correction) et une pour la traduction. Le site enregistrerait déjà au total plus de 25 000 travailleurs ayant réalisé plus d'un million de tâches, moins d'un an après son lancement. Les cas clients cités sur le site donnent une idée des travaux qu'il est possible de réaliser, de l'assemblage d'un catalogue de produits de sports pour un site de vente en ligne à la recherche d'anciens élèves pour une université...

Je suis un peu partagé sur les aspects sociaux de ce mode d'externalisation du travail mais entre ce type de service et un petit boulot chez McDonald's... On pourrait également rêver à l'adaptation de ce modèle avec des critères éthiques spécifiques, par exemple pour l'emploi des personnes handicapées qu'il n'est pas toujours facile d'intégrer dans "les murs" de l'entreprise et qui pourraient ainsi travailler dans des structures d'accueil mieux adaptées.

Deustche Post lance un concours pour sécuriser son service de messagerie

Deustche Post Security Cup
Deustche Post, la poste allemande, a lancé la "Security Cup", un concours pour les experts de la sécurité informatique à qui l'entreprise demande de trouver des failles dans son service de messagerie sécurisée E-Postbrief.

La démarche rappelle celle de Google (sur son navigateur Chrome), Mozilla (sur Firefox) et quelques autres communautés du logiciel libre, qui ont pris l'habitude de récompenser financièrement les défauts de sécurité dans leurs produits. Mais il s'agit, à ma connaissance, d'une première pour un service commercial.

Naturellement, les règles du jeu sont un peu différentes de ces exemples : les équipes admises à participer seront pré-sélectionnées et devront prendre quelques engagements éthiques. De plus elles n'auront pas accès aux sources de l'application et ne pourront donc identifier des failles qu'à travers les services accessibles publiquement. Les participants acceptés recevront 3 000 euros et chaque anomalie trouvée donnera droit à un prix de 1 000 ou 5 000 euros selon sa criticité.

Il reste à voir si les "hackers" vont se laisser séduire par ce concours mais l'approche de Deustche Post constitue une intéressante mesure de sécurité complémentaire aux classiques audits et tests de pénétration. Elle ne peut avoir que des effets bénéfiques, pour un coût finalement raisonnable (faible si peu de failles sont trouvées et très rentable dans le cas contraire). Une inspiration pour les sites de banque en ligne ?

vendredi 27 août 2010

Une carte de paiement sans contact à numéro unique

Star CertiFlash
Star, réseau américain de transfert de fonds (EFT) présent sur 2 millions de points de vente et distributeurs automatiques, présente CertiFlash, un nouveau système visant à renforcer la sécurité des paiements par carte. Un pilote est en cours de lancement et, selon les résultats, une généralisation pourrait être envisagée dès l'année prochaine.

CertiFlash consiste en une carte de paiement sans contact dont la puce génère et transmet au terminal de paiement un numéro de carte à usage unique, que le réseau reconvertit vers le numéro réel du compte.

Ainsi, les fraudes de type "skimming" (interception des données de transaction lors de leur lecture sur la carte) sont rendues inopérantes puisque seul le code temporaire, qui ne peut pas être réutilisé, est susceptible d'être intercepté. De plus, le terminal de paiement et les systèmes de gestion du commerçant ne "voient" à aucun moment les informations réelles du compte et une intrusion dans ces systèmes ne pourraient donc plus donner accès à des numéros de carte utilisables.

Avec l'augmentation du nombre de cas de fuites de données sensibles dans les systèmes informatiques des commerçants, la solution de Star est une avancée significative pour en réduire les risques. L'inconvénient de CertiFlash est cependant de ne fonctionner que dans un écosystème "fermé", où la carte et le terminal de paiement sont ceux de Star (à défaut, les transactions seront effectuées en mode standard). Par ailleurs, l'utilisation d'un code unique pourrait également poser un problème aux commerçants utilisant le numéro de carte pour gérer leur relation client, par exemple sur des programmes de fidélisation. Mais Star propose peut-être une solution adaptée à ses clients pour répondre à ce besoin...

lundi 23 août 2010

Une application iPhone pour populariser le standard XBRL

Brix
Le XBRL US Labs, branche de recherche de l'organisme américain en charge de la promotion de XBRL, vient de lancer une application iPhone, Brix, pour populariser ce standard (international) de reporting financier des entreprises basé sur XML.

Cette application permet simplement d'exploiter les rapports XBRL dès leur publication, pour effectuer des recherches thématiques, sur les multiples critères permis par la taxonomie développée autour du standard, construire des rapports personnalisés, recevoir des alertes sur les nouvelles publications à partir de mots-clés spécifiés...

Au-delà de la volonté de promotion de XBRL auprès des entreprises, un autre objectif de cette initiative est de stimuler la créativité des développeurs et promouvoir la réalisation d'applications originales mettant à profit les rapports financiers qui, de documents se transforment en données structurées.

Je ne pense pas que Brix attire beaucoup d'utilisateurs sur iPhone mais je suis tout de même séduit par cette utilisation faite de la popularité de la plate-forme d'Apple. De mon point de vue, il s'agit, en ce sens un peu particulier, d'une véritable application mobile innovante, ce qui devient rare...

FundingCircle finance les entreprises en P2P

Funding Circle
Officiellement lancé le 12 août dernier au Royaume-Uni, Funding Circle a adopté les principes des sites de prêt-emprunt en P2P (peer-to-peer ou "pair à pair") pour le financement des petites entreprises britanniques.

A l'image de ses modèles (Prosper aux Etats-Unis ou Zopa en Angleterre), le site permet ainsi de rapprocher les particuliers (et bientôt les entreprises) disposant de fonds à investir et les entrepreneurs en recherche de financement. Afin de réduire les risques, les fonds des prêteurs peuvent être répartis sur plusieurs emprunteurs, qui reçoivent alors des prêts "agrégés". Le site offre (naturellement) un espace "social" ouvert aux échanges et recommandations entre membres partageant un centre d'intérêt commun (il existe par exemple un "Circle", comme sont nommés ces espaces, dédié aux "amis de l'environnement").

Une fonction intéressante et originale (à ma connaissance) du service est la place de marché des investissements, qui permet à un prêteur ayant besoin de liquidités de "revendre" son prêt à d'autres membres, ce qui offre un attrait particulier pour les acheteurs potentiels puisque ces prêts sont immédiatement rentables, sans avoir à attendre que la mise en place initiale soit réalisée.

Pour les concepteurs de Funding Circle, les avantages pour les "investisseurs" sont des taux d'intérêt relativement intéressants (de 6 à 9% actuellement) et la satisfaction de participer à l'économie locale. Pour les entrepreneurs en recherche de fonds, la simplicité et la facilité à emprunter et, pour eux également, les taux d'intérêt attractifs sont les principaux bénéfices qu'ils peuvent tirer d'un tel système.

Après le succès (pourtant discret) des plates-formes de P2P Lending, surtout en temps de crise, l'application du même modèle aux besoins des entreprises est assez naturel. En France, Friendsclear prépare déjà le terrain. Et on peut parier que cette activité va se développer...

dimanche 22 août 2010

Une horloge des technologies pour l'entreprise

The IT Market Clock
La présentation par Brian Gammage (Gartner) du concept d'horloge des technologies ("IT Market Clock") me rappelle un besoin, dans une de mes missions passées, de représenter le "passage du temps" pour les technologies présentes dans l'entreprise. L'idée était d'évaluer, chaque année, l'état de maturité de l'ensemble des produits et services déployés afin d'en maîtriser les nécessaires évolutions.

L'horloge des technologies cible exactement ce besoin : divisée en 4 cadrans de maturité, elle est complétée d'un critère radial représentant le niveau de "comoditization" (c'est-à-dire la difficulté à adopter ou abandonner la technologie) et d'icônes visualisant le délai estimé avant le passage à la phase suivante.

Horloge des Technologies

Les cadrans correspondent à 4 phases de la vie d'une technologie :
  • Avantage : un produit ou un service innovant donne un avantage direct par son adoption.
  • Choix : le marché s'est développé et l'entreprise peut (et doit) sélectionner la "meilleure" solution pour son besoin.
  • Coût : le marché est arrivé à maturité, les solutions sont proches les unes des autres et un des principaux critères de sélection est le coût.
  • Remplacement : solution en voie d'obsolescence, à abandonner ou remplacer.
Une représentation de ce type a une importance critique pour les départements de stratégie des DSI : elle permet d'évaluer l'état des technologies en place dans l'entreprise, de visualiser et anticiper les risques encourus (sur les technologies obsolètes), de planifier et piloter les transitions...

Pour être efficaces, ces diagrammes devraient être construits et mis à jour régulièrement, avec l'aide des parties prenantes (informatiques et métier), pour chaque grand domaine de la DSI (matériel, middleware, sécurité, progiciels...). Le résultat est un outil de pilotage utile, relativement simple à préparer et facilitant la communication des enjeux majeurs de la stratégie.

Pour la petite histoire, la représentation adoptée dans la mission citée en début d'article était basée sur le principe du Hype Cycle (Gartner).

Les kiwis apprécient le PFM

Heaps!
Charis Palmer (Banking Review) nous offre un premier bilan de Heaps!, le service de PFM ("Personal Finance Management" ou Gestion de Finances Personnelles) de KiwiBank , filiale de la poste néo-zélandaise.

Conçu après 12 mois d'études des attentes de ses clients et imaginé comme la prochaine étape de la banque en ligne, Heaps! offre des services classiques de suivi des comptes (de KiwiBank mais également d'autres établissements), de gestion de budget (éventuellement fixé automatiquement par rapport aux tendances passées) et d'assistance à la gestion financière au quotidien.

Capture d'écran Heaps!

Contrairement à bon nombre de banques (dont, en Nouvelle Zélande, ANZ, qui utilise la plate-forme de Yodlee, et BNZ, en partenariat avec Xero), KiwiBank a fait le choix d'un développement spécifique, confié à Social Capital un prestataire (local) spécialiste du web social. Cette particularité se retrouve dans les fonctions "sociales" offertes : actuellement limitées à la possibilité de juger les évolutions proposées pour le site, elles devraient rapidement s'étendre aux partages d'information et de conseils financiers entre membres. De plus, là encore à la différence de certaines de ses concurrentes, la banque entend offrir ce service gratuitement à ses clients, espérant ainsi acquérir leur loyauté plutôt que des revenus probablement symboliques.

Quatre mois après son lancement (en mars dernier), 17 000 des 650 000 clients de la banque se sont inscrits sur le site, 70% d'entre eux en font un usage "répété" et beaucoup l'apprécient. Ce niveau d'adoption est (proportionnellement) proche de celui observé, à l'autre bout du monde (en Espagne), avec "BBVA tú cuentas", et cet exemple peut faire espérer à KiwiBank une forte croissance à venir.

Après plusieurs années d'hésitations, qui ont profité aux plates-formes indépendantes (bien que celles-ci soient en mal de modèles économiques viables), les banques finissent donc par rattraper le train du PFM et commencent à en comprendre la valeur dans leurs relations avec leurs clients. Cependant, on attend toujours la majorité des banques françaises sur le sujet... Mais, heureusement, des projets sont dans les cartons...

Les clients de Citi contrôlent mieux leurs dépenses

Communiqué Mastercard
En annonçant l'adoption de la technologie InControl de MasterCard, Citi offrira bientôt à ses clients de nouveaux moyens de maîtriser leurs dépenses par carte.

InControl est un service lancé en 2007 par MasterCard avec Orbiscom (depuis acquis par MasterCard), qui promettait d'offrir aux offreurs de cartes de pouvoir développer des services innovants autour du paiement par carte en gérant finement les transactions réalisées, en temps réel.

Citi est la première banque américaine (après BarclayCard sur un modèle similaire et RBS sur une cible différente, en Europe) à proposer InControl à ses clients, particuliers ou entreprises. Le service permet au porteur, outre de gérer des alertes de sécurité, de définir leurs limites de dépenses et, au choix, de bloquer les achats ou recevoir une alerte en cas de dépassement. De plus, la technologie d'Orbiscom permet de gérer finement les plafonds par lieu, période et type d'achat, donnant ainsi au client un contrôle total sur son budget.

Selon une enquête de MasterCard, les consommateurs sont demandeurs (à 50%) de ce type de contrôle, à la fois pour la maîtrise de leur budget et pour la sécurité, ce qui n'est pas surprenant en temps de crise...

jeudi 19 août 2010

A lire ailleurs : Intel acquiert McAfee, pourquoi ?

Intel - McAfee
A l'heure qu'il est, vous êtes certainement déjà au courant de la nouvelle de l'acquisition de McAfee, le n°2 des solutions de sécurité par Intel, le n°1 des microprocesseurs (entre autres). Cette opération peut sembler surprenante au vu des activités assez éloignées des deux acteurs.

Jonathan Penn, de Forrester, propose une hypothèse pour ce rachat, aussi intéressante qu'empreinte de bon sens : Intel se positionnerait ainsi sur une vision (à long terme) où la sécurité serait embarquée dans les puces (de PCs, de mobiles, de consoles de jeu, de systèmes de contrôle...) et non plus considérée comme un complément logiciel. Naturellement, les fonctions de sécurité embarquée dans le matériel requièreront encore des logiciels pour les exploiter, ce qui serait une cible naturelle pour McAfee...

mercredi 18 août 2010

Gartner : tendances des logiciels sociaux en entreprise

Gartner organisait cet après-midi un webinaire, animé par Jeffrey Mann, sur le thème des "logiciels sociaux" en entreprise. Cette session nous permet de faire un point sur l'état des outils collaboratifs 2.0, les réflexions de l'analyste rejoignant les miennes (!), en terminant sur quelques recommandations de bon sens.

Jusqu'à il y a peu, le paysage de la collaboration d'entreprise était divisé en deux camps : d'un côté, les outils relativement structurés (workflows, gestion de documents, espaces de type Lotus Notes ou Sharepoint...) et, de l'autre, la messagerie qui sert à toutes les autres formes de collaboration. Entre les deux, il existait un "désert" que les "outils sociaux" peuvent combler en répondant à des besoins intermédiaires très variés : mise en relation des personnes, partage de connaissance, recherche de compétences, recommandations (les moteurs de recherche permettent de trouver l'information mais il reste difficile de savoir ce qu'il est intéressant de rechercher)...

Les plates-formes sociales orientées consommateur ont d'abord rencontré le scepticisme en entreprise, faute d'en percevoir l'utilité. Pourtant, à y regarder de plus près, les besoins auxquelles elles répondent existent aussi dans la sphère professionnelle (quoique s'appliquant à des domaines différents) : la recherche de conseils et d'opinions, l'envie d'être informé de ce que font nos collègues, la mobilisation des énergies pour des événements ou des projets, le partage et la recommandation de documents...

De fait, après une période de rejet (qui subsiste encore dans certaines organisations), la valeur des outils sociaux commence à être reconnue. Nous voyons ainsi actuellement une transition s'opérer dans la plupart des entreprises, que Jeffrey caractérise comme un passage d'une ère de pionniers (ceux qui n'hésitent pas à expérimenter et utiliser de nouvelles approches) à une ère de colons (la majorité qui vient "cultiver" l'espace qui leur a été ouvert par les premiers).

Une des principales difficultés à traiter dans cette transition est celle du support aux utilisateurs : alors que les pionniers se débrouillent seuls et "inventent" les usages instinctivement, les colons ont beaucoup plus besoin de guide et d'assistance pour savoir utiliser les nouvelles technologies qui leurs sont offertes. Croire qu'une initative ponctuelle peut être généralisée sans effort supplémentaire est une voie certaine vers l'échec.

C'est pour répondre à ce risque, que Gartner suggère (exemple à l'appui) de formaliser une matrice des outils sociaux, qui décrit précisément ce que sont chacun des outils disponibles (blog, wiki, espace communautaire, tagging...) et quels en sont les usages (incidemment, je suis assez fier d'avoir inauguré ce type d'initiative dans une de mes récentes missions). Idéalement, cette approche par usages devrait également se retrouver dans les plates-formes mises à disposition des utilisateurs, qui sont généralement plutôt présentées comme un ensemble de fonctions équivalentes ("à plat"). Sans cette indispensable "structuration", les "colons" ne savent pas quel outil utiliser, sont intimidés et finissent par se rabattre sur ce qu'il connaissent et maîtrisent : la messagerie !

En ce qui concerne les solutions du marché, Gartner les répartit en trois segments :
  • Les plates-formes intra-entreprise (pour la collaboration interne).
  • Les plates-formes ouvertes sur l'extérieur, impliquant une majorité de participants extérieurs (clients, partenaires...) avec lesquels l'entreprise veut collaborer.
  • Les média sociaux publics, dont la cible principale est la gestion de la relation client ("Social CRM"), qui s'adresse à des publics particuliers dans l'entreprise : communication, marketing, service aux clients.
Chacun de ces segments est désormais couvert par un cadran magique ("Magic Quadrant"), dont les caractéristiques communes, typique des domaines en phase d'émergence, sont la concentration d'acteurs dans le secteur des "acteurs de niche" et la "discrétion" des méga-vendeurs. Jeffrey note cependant que cette situation va probablement évoluer assez rapidement. Dans ces cadrans, la présence, dans les 3 segments, de Jive Software en position de leader est notable.

Inévitablement, il est question de Microsoft Sharepoint, d'autant que l'éditeur est plutôt bien positionné dans 2 des 3 cadrans (l'exception étant le Social CRM). Ce positionnement était jusqu'à maintenant surtout du à la capacité d'exécution de Microsoft mais la version 2010 commence à offrir des fonctions sociales crédibles ("le wiki ressemble à un wiki", par exemple).

Les recommandations de Gartner aux entreprises se déclinent sur 3 échéances :
  • Demain : observez comment les outils sociaux sont utilisés aujourd'hui dans votre organisation (officiellement ou pas), y compris les plates-formes publiques (LinkedIn, Twitter...).
  • Dans les 3 mois : inventoriez votre porte-feuille d'outils collaboratifs et sociaux, identifiez des pilotes qui peuvent apporter une vraie valeur, évaluez la stratégie de vos fournisseurs.
  • Dans l'année qui vient : introduisez des fonctions sociales dans votre porte-feuille de solutions, encouragez les employés à adopter les outils sociaux.
Le support de présentation est désormais disponible sur le site Gartner.

    mardi 17 août 2010

    [Tech] Retour sur l'Extreme Transaction Processing

    XTP
    Dans mon compte-rendu de la présentation du "Hype Cycle Gartner des technologies émergentes 2010", je dois avouer avoir ignoré une tendance, pourtant présentée comme en phase ascendante (vers le "pic des attentes excessives") et au potentiel "transformationnel" (d'ici 5 à 10 ans) : l'"Extreme Transaction Processing" (XTP).

    Cet "oubli" était volontaire car, dans le fil du webinar, je n'avais pas bien compris de quoi il s'agissait. Après quelques recherches complémentaires, je peux maintenant parler un peu mieux du sujet...

    Les traitements transactionnels, et leur (principale) caractéristique de garantie d'intégrité, sont presque aussi vieux que l'informatique, du moins l'informatique de gestion. L'XTP a l'ambition d'apporter en plus des caractéristiques de performance, de capacité de montée en charge et de disponibilité jusqu'ici difficilement imaginables. En termes de performance, il est par exemple question de plusieurs milliers de transactions (réelles, pas celles des benchmarks) par seconde (tps). Pour comparaison, les systèmes transactionnels "classiques" des banques, fonctionnant la plupart du temps sur leurs "mainframes", sont capables de traiter, au mieux, quelques centaines de tps.

    Pour atteindre ces niveaux de performance, tout en garantissant une haute disponibilité, l'approche adoptée est celle de la distribution des traitements sur de multiples serveurs. La difficulté est alors de garantir l'intégrité des transactions puisque celles-ci peuvent s'exécuter sur des machines différentes, parfois distantes. Les premières solutions dédiées à l'XTP consistent donc en offres de middleware (en quelque sorte la couche d'infrastructure logicielle sur laquelle reposent les applications), qui prennent en charge la répartition des tâches sur les différents serveurs et la gestion transactionnelle proprement dite.

    Zircon Computing est un des fournisseurs (cité par Gartner, comme le rappelle la startup) qui se positionne sur ce marché. La suite logicielle de Zircomp permet d'adapter toute application transactionnelle pour la faire fonctionner en mode distribué, sur des serveurs internes (à base d'architectures "banalisées"), voire sur des infrastructures de "cloud", tout en garantissant le maintien de l'ensemble de ses caractéristiques.

    Et à quoi sert l'XTP ? Pour les banques les plus importantes, les sollicitations sur le coeur des systèmes de gestion, issues de tous les canaux d'interaction (agences, automates, centres d'appel, banque en ligne...) génèrent une charge en croissance permanente et ce, d'autant plus que les clients demandent un accès aux informations en temps réel.

    Mais il existe également de multiples traitements internes qui requièrent de plus en plus un accès immédiat à des données qui évoluent constamment : la détection de fraude en est un exemple, pour laquelle il faut pouvoir détecter des "anomalies" dans des masses d'informations entrantes (par exemple les transactions réalisées sur des automates bancaires) et réagir immédiatement en cas d'incident. L'analyse de données ("business intelligence") ou la gestion des risques sont d'autres domaines concernés. Dans tous ces cas, les solutions actuelles montrent leurs limites, qui se traduisent souvent par des traitements différés, dont la conséquence est un service de moindre qualité. L'XTP pourrait bien constituer une solution pour généraliser le temps réel...

    Co-innovation chez TEB

    TEB
    Dans le cadre de sa série des "Mardi de l'Innovation", BNP Paribas revient sur les "Creative Cafés", une initiative de sa filiale turque TEB, qui a été récompensée par un "Prix de l'Innovation 2009" du groupe.

    L'objectif des "Creative Cafés" est de démultiplier les capacités d'innovation de la banque en s'appuyant non seulement sur les talents internes mais également sur la créativité des clients. La première concrétisation de cette initiative a pris la forme d'une journée d'échanges ("Innovation Day") à laquelle ont participé plus de 100 clients et 300 collaborateurs de TEB. Organisée en 5 sessions, co-animées avec quelques conférenciers et leaders d'opinion, cette première édition aurait généré 4 000 idées !

    Au-delà du nombre, certes impressionant, il serait intéressant d'en savoir plus sur la teneur de ces idées... Mais nous le saurons peut-être bientôt en suivant l'actualité del'innovation chez TEB !

    Le réseau social d'entrepreneurs d'AmEx devient mobile

    American Express OPEN Forum
    L'annonce de versions mobiles (via une application iPhone et un site web optimisé) de l'American Express OPEN Forum n'est pas une révolution en soi mais elle nous permet de nous attarder un instant sur le réseau social de l'émetteur de cartes de crédit.

    L'OPEN Forum a pour objectif d'offrir aux propriétaires de petites entreprises (américaines) des ressources pour mieux gérer et développer leur activité ainsi que des moyens d'établir des relations avec leurs pairs. Depuis son lancement en 2007, le réseau social a rencontré un succès certain et obtenu la reconnaissance de sa valeur de la part des analystes.

    Les versions mobiles proposent les mêmes services que le site web : des vidéos et articles originaux d'auteurs de référence (parmi lesquels Guy Kawasaki et Anita Campbell), sur divers sujets (technnologie, innovation, marketing...), et le "Connectodex", un annuaire thématique des entrepreneurs facilitant la mise en relation et les échanges entre les membres du réseau social.

    Ces caractéristiques, ainsi que le focus sur les entreprises (et non les personnes), font de l'OPEN Forum un réseau social réellement original, dont l'utilité peut apparaître plus immédiate pour ses participants.

    lundi 16 août 2010

    Forrester : les banques européennes devraient ajouter les commentaires des clients sur leurs sites

    Forrester Research
    Les évaluations de produit et les commentaires par les clients sont désormais monnaie courante sur les sites de commerce en ligne. Alors pourquoi les banques restent-elles à l'écart de cette tendance ?

    Forrester Research indique que, si quelques banques américaines ont franchi le pas, aucune banque européenne n'a encore mis en place un tel système sur son site. Alexander Hesse leur suggère de passer à l'action : grâce à la confiance accordée par les consommateurs à leurs pairs, des évaluations et commentaires peuvent avoir un impact positif sur les ventes.

    De plus (et, peut-être, surtout), une ouverture au dialogue permettrait à la banque de recueillir des informations précieuses sur l'avis des clients et de répondre directement aux plaintes et autres réactions négatives qui, à défaut, se trouvent dispersées sur des multitudes de sites, rendant l'information difficilement accessible aux représentants de la banque.

    Naturellement, la mise en place peut être délicate : le contrôle et la modération des avis de clients constituent un exercice difficile. Mais des processus rigoureux et, éventuellement, un accompagnement professionnel permettent d'éviter les principaux écueils.

    Alors, quand les banques arrêteront-elles de craindre d'être débordées de critiques et d'attaques et se lanceront-elles dans un vrai dialogue avec leurs clients, sur leurs produits et services ?

    BankSimple ouvrira ses services aux développeurs

    Bansimple
    Non contente de vouloir rendre la banque plus simple pour ses clients, BankSimple veut également profiter de la créativité des développeurs en annonçant la publication d'APIs (Application Programming Interface) qui leur permettront de créer des logiciels exploitant tous les services en ligne mis à disposition des clients, dans le strict respect de la sécurité et de la confidentialité des informations échangées, naturellement.

    Il ne s'agit pour l'instant que d'une promesse : la banque elle-même opère actuellement en mode "privé" (sur invitation) et la mise à disposition des APIs reste encore lointaine. Mais ces velléités d'ouverture réveilleront peut-être ses concurrentes, qui restent bien timides sur le sujet, alors que plusieurs exemples (PayPal ou E*Trade, entre autres) montrent qu'il s'agit d'une fort stimulant à l'innovation (ouverte !).

    CA Vision'ère, le conseil bancaire en visioconférence

    Vision'ère
    Après une longue période de test, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne (CA-CB) vient de déployer dans toutes ses agences Vision'ère, un système de visioconférence qui permet au conseiller clientèle de contacter rapidement un expert pour délivrer un conseil spécialisé à son client.

    Jusqu'à maintenant, comme dans la plupart des agences bancaires de l'hexagone, le client devait prendre rendez-vous avec le spécialiste (en gestion de patrimoine, financement, transmission...). Avec Vision'ère, le conseiller établit immédiatement une visioconférence avec l'expert (selon sa disponibilité) et partage son poste de travail avec lui.

    Pour le client, le gain de temps est appréciable et les premières réactions sont positives. Pour la banque, l'avantage est considérable : les experts ne perdent plus de temps en déplacement et sont donc beaucoup plus disponibles pour conseiller les clients. Le CA-CB met également en avant le bénéfice pour l'environnement, grâce à la réduction des déplacements (bien que je soupçonne qu'ils ne représentent qu'une goutte d'eau dans l'empreinte carbone de la banque).

    Monabanq reste "la" banque de la visioconférence avec le conseiller clientèle. Mais pour une banque "classique", ce type de solution n'est pas nécessairement pertinent car les agences sont justement conçues pour assurer la relation directe avec le client, qui fait défaut aux banques exclusivement en ligne. L'approche plus ciblée de CA-CB offre pour sa part un réel bénéfice à la fois au client et à la banque.

    De nombreuses organisations (dans différents secteurs : banque, assurance, service public...) ont entamé des réflexions sur ces applications. Après cette première (ou, en tous cas, une des premières) mise en oeuvre, d'autres initiatives devraient suivre...

    mercredi 11 août 2010

    Une plate-forme de banque mobile dans le cloud

    M-COM
    M-Com, spécialiste néo-zélandais du progiciel bancaire (qui compte Rabobank et Crédit Agricole parmi ses nombreux clients) présente une version SaaS (Software as a Service) de sa plate-forme BankAnywhere de paiement et de banque mobile. Elle aurait déjà été adoptée par plus de 150 établissement financiers (84 en production), à travers l'étroit partenariat qu'à l'éditeur avec Fiserv.

    Avec cette solution, M-Com n'hésite pas à affirmer qu'il est possible de mettre en place un site de banque mobile en moins de 30 minutes, grâce à une connectivité pré-existante avec les principales plates-formes de core banking du marché (Fiserv, Infosys, Oracle / i-Flex...). Une fois l'intégration réalisée, la solution offre les services classiques de consultation des soldes de compte et des transactions, de virement, de gestion d'alertes... Pour l'utilisateur final, le service est accessible par SMS, web mobile et application mobile (pour Blackberry, iPhone et Android).

    La configuration et le déploiement sont réalisés sur une console web, qui permet de définir les modes d'intégration avec le SI de la banque et les caractéristiques des services à publier (paramétrage des alertes, présentation du site mobile et personnalisation des applications mobiles).


    Cette offre, dont je trouve le concept particulièrement intéressant, a tout pour séduire les petites banques (notamment les Credit Unions américaines) et leur permettre de ne pas se laisser distancer par leurs "grosses" concurrentes dans la course à la technologie. Ce qui est, après tout, une des vertus promises du Cloud Computing.

    Note : il subsiste un doute sur la nature réellement "SaaS" de cette offre, puisqu'elle est nommée "BankAnywhere ASP Edition" (et ASP n'est pas synonyme de SaaS...). Mais les références à l'expertise multi-tenant ("multi-locataires") de l'éditeur laisse penser qu'il ne s'agit pas d'une simple solution hébergée...

    Wesabe publie ses sources - J'ai une idée !

    Wesabe
    Un mois après l'annonce, Wesabe a définitivement fermé son site de gestion de finances personnelles (PFM ou Personal Finance Management) fin juillet. Pour offrir une solution de repli aux utilisateurs orphelins de leurs données financières, les anciens employés de la startup ont décidé de publier une bonne partie de leur code en open source.

    Un des sous-projets publiés sur le portail GitHub par Wesabe, nommé Mesabe, permet ainsi à chacun (moyennant quelques connaissances techniques, cependant) de créer une instance personnelle de l'application web sur son PC et d'y importer les données qui étaient stockées sur le site original.

    Passons à mon idée (oui, j'ai parfois aussi des idées, quoique généralement moins ambitieuses que celle-ci ;-). Les sources de ce service de PFM sont maintenant publiques, sous licence Apache, et donc à la disposition de qui veut les reprendre et les utiliser. Pourquoi pas une banque ? Alors que certaines (j'en connais !), frileuses vis-à-vis des solutions "progicielles" (celles de Yodlee ou de MoneyStrands, par exemple), tentent d'aborder le PFM par un développement interne, il pourrait peut-être faire sens de partir d'un socle solide et éprouvé, quitte à investir (beaucoup moins !) pour l'adapter à quelques exigences particulières. Et les anciens de Wesabe sont peut-être encore disponibles pour participer à l'effort...

    Cette approche est d'ailleurs celle à laquelle on pense le moins avec le logiciel libre, mais qui pourrait pourtant apporter beaucoup de valeur dans les nombreuses entreprises adeptes des "applications maisons" : la réutilisation de projets open source, comme base de développement, permettrait de ne pas réinventer la roue à chaque projet et de concentrer les budgets et les énergies sur les fonctions qui font la différence.

    mardi 10 août 2010

    Le Crédit Agricole bientôt de retour sur iPhone

    Crédit Agricole sur Facebook
    Après les déboires du lancement initial de son application iPhone, "Mon Budget", début juillet, le Crédit Agricole annonce son retour pour la semaine prochaine.

    Mais revenons d'abord sur la manière dont la banque a géré cette mini-crise ces dernières semaines. Comme je l'avais noté dans ma relation des faits, l'annonce du retrait de l'application a été faite sur la page Facebook du Crédit Agricole. Par la suite, une page dédiée à l'application iPhone a été créée, de même qu'un forum de discussion et un espace de suggestions.

    Avec un peu moins de 10 000 "fans" déclarés pour la marque, ce ne sont pas tous les utilisateurs mécontents ou déçus qui ont pu profiter de cet espace de dialogue mais le fait est que la qualité et la teneur des échanges montrent que les clients ont apprécié ce mode de communication. Ce qui confirme les commentaires de Fabien, il y a peu, sur ce blog au sujet des initiatives du groupe dans les réseaux sociaux, qui semblent en effet "solides" et pertinentes.

    Mélange d'information, d'invitation à la patience et de support aux utilisateurs, le forum, bien suivi par les représentants de la banque, nous permet d'en savoir un peu plus sur le Crédit Agricole et son application... Tout d'abord, la nouvelle qui réjouit les clients fidèles est l'annonce ferme du retour de l'application sur l'AppStore d'Apple la semaine prochaine, avec quelques améliorations par rapport à la première version.

    On y apprend également qu'une application pour l'iPad est en préparation. Plus surprenant : un des principaux motifs d'insatisfaction ressortant des discussions, pour les clients qui ont pu télécharger l'application avant son retrait, est qu'elle ne fonctionne pas sur les téléphones jailbreakés. Il s'agit d'un choix délibéré de la banque, qui invoque des risques de sécurité (peu convaincants, de mon point de vue) pour se justifier.

    En revanche, il est peu question des raisons du "flop" du premier lancement, hormis l'indication qu'il s'agissait de la première application du groupe couvrant l'ensemble des caisses régionales. Il est vraisemblable, en effet, que l'intégration de systèmes d'information différents (et certainement hétérogènes) a pu créer des difficultés particulières dans la réalisation et causer des surprises désagréables lors du déploiement.

    Dernière information intéressante, découverte à travers une vidéo de présentation de "Mon Budget" : l'application a été réalisée avec Logica et VisuaMobile (l'agence qui a aussi réalisé l'application "Les bons comptes entre amis" de BNP Paribas). Non, je ne fais de lien entre ce choix de partenaires et les ratés de lancement !

    lundi 9 août 2010

    Sybase veut apporter la banque mobile aux entreprises

    Sybase 365
    Avec l'annonce de la version 3 de Sybase mBanking 365, la nouvelle filiale de SAP enrichit sa plate-forme de banque en ligne pour les particuliers et introduit une offre pour les entreprises.

    Destinée aux banques, la solution de Sybase propose une large gamme de services mobiles dont un des avantages est une compatibilité optimisée avec les principaux terminaux du marché, incluant notamment une (inévitable ?) application pour iPhone.

    Mais ce qui attire l'attention dans cette nouvelle version est plutôt l'application (toujours pour iPhone...) de gestion de trésorerie d'entreprise, intégrant plusieurs workflows dédiés à cette activité. Alors que les applications bancaires foisonnent sur l'AppStore d'Apple, il est encore rare d'en trouver qui s'adressent aux professionnels et aux entreprises. Les banques clientes de Sybase pourront donc prendre une certaine avance sur leurs concurrentes avec cette nouveauté.

    De quoi mettre à mal un des arguments souvent entendus pour rejeter les solutions "clés en main" de banque en ligne ou mobile : "avec une offre du marché, on aura le même service que tout le monde" ! Sybase peut leur répondre : peut-être, mais vous l'aurez plus rapidement qu'en essayant de réinventer la roue...

    Par ailleurs, je ne sais pas si les financiers dans les entreprises ressentent le besoin d'applications mobiles mais lorsque je constate que la plupart des commentaires négatifs sur l'Appli de Société Générale sont ceux de professionnels qui se désolent de ne pas pouvoir profiter de cette application, je suis certain qu'il reste encore des besoins à satisfaire...

    Gartner imagine le monde du travail de 2020

    Gartner
    Le monde du travail a beaucoup changé dans les 20 dernières années et rien ne permet d'imaginer que la transformation va s'arrêter là. Gartner tente donc d'identifier les grandes tendances auxquelles les entreprises doivent se préparer dans les années qui viennent.

    Le premier changement affecte les modes de travail qui, d'individuels et parfois collaboratifs, s'orientent progressivement vers un modèle de ruche ("swarm") où la règle est l'activité collective, produite par tous les acteurs disponibles, rassemblés rapidement et pour une courte durée pour atteindre un but commun.

    De ce premier constat, découle un ensemble de caractéristiques qui modèleront le monde du travail de demain, parmi lesquelles :
    • Les liens faibles qui sont établis entre la plupart des participants aux "ruches", qui viennent s'ajouter aux liens forts des relations de travail actuelles, à périmètre réduit.
    • Le travail "spontané" : en s'éloignant des tâches de routine (qui peuvent de plus en plus être automatisées), les collaborateurs doivent devenir actifs dans la recherche de nouvelles opportunités.
    • L'absence de formalisme et de modèles car, dans un premier temps, les critères de valorisation de la "ruche" ne seront pas mesurables objectivement.
    • L'impact sur le poste de travail (existera-t-il encore un poste de travail ?) et la gestion du conflit entre vie professionnelle et vie privée alors que les sollicitations deviendront permanentes sur les deux fronts.
    • La prise en compte du "collective" (terme difficilement traduisible), qui représente les groupes informels extérieurs à l'entreprise capables d'impacter ses succès ou ses échecs et qu'il faut apprendre à influencer, faut de pouvoir les contrôler.
    Avec ces "prédictions", Gartner ne fait pas de futurisme gratuit : les signes de la transformation qu'il décrit sont déjà visibles et vont s'amplifier rapidement. Et tout le monde devra s'adapter, des dirigeants, qui devront réviser les moyens d'évaluation de la performance et les méthodes de management, aux collaborateurs, qui devront apprendre à fonctionner dans un univers beaucoup plus mouvant et sans frontières, mais également plus stimulant !

    dimanche 8 août 2010

    Le paiement mobile proche de l'ébullition ?

    Paiement mobile
    Le paiement mobile excite décidément les convoitises : dans un mois d'août généralement creux, j'ai noté 3 annonces relativement significatives dans le domaine, dans la seule semaine écoulée.

    Cette série a commencé avec un rapport de Bloomberg indiquant que les deux plus gros opérateurs mobiles américains, AT&T et Verizon, prépareraient une joint venture autour du paiement sans contact sur mobile. Avec les intérêts conflictuels des émetteurs de carte (Visa, Mastercard), des banques, traditionnels opérateurs de paiement, et des opérateurs, qui voient d'un mauvais oeil l'utilisation de leurs réseaux sans profit pour eux, une telle opération ne serait pas réellement une surprise. Les analystes se sont d'ailleurs empressés d'y voir une menace pour les émetteurs et les banques.

    Pourtant, une inconnue subsiste dans l'équation envisagée par AT&T et Verizon : il leur faudra convaincre les fabricants de téléphone d'intégrer une puce NFC (la puce sans contact qui gère la communication avec le terminal de paiement) dans leurs appareils. Et une fois que les téléphones seront équipés, d'autres acteurs pourront utiliser la technologie pour leurs propres applications. Les opérateurs ont certes le contrôle exclusif de la carte SIM, utile pour assurer la sécurité des transactions, mais un peu de créativité pourra certainement circonvenir cet obstacle.

    Nous avons eu ensuite l'annonce par Visa du premier déploiement en Europe (en Turquie, en l'occurence) d'une carte microSD de paiement sans contact, avec la banque Akbank et la technologie In2Pay de DeviceFidelity. Cette solution peut sembler séduisante puisqu'elle permet d'installer la puce NFC dans tout téléphone acceptant une carte d'extension, sans attendre donc que les téléphones embarquent la technologie.

    Malheureusement, elle n'est pas sans inconvénients. Tout d'abord, le logiciel associé requiert un smartphone (dont les ventes sont en croissance mais qui restent toujours minoritaires), la version actuelle étant même limitée aux Blackberrys (sans oublier qu'elle écarte de fait l'iPhone qui n'a pas de port microSD). Et, surtout, elle me semble ignorer l'usage "normal" d'un smartphone : aujourd'hui, ces appareils sont utilisés pour leur versatilité et la carte mémoire (qui est destinée au fameux emplacement microSD) est indispensable pour stocker musique, photos, vidéos... J'ai du mal à imaginer que le consommateur soit prêt à changer de carte (opération parfois complexe) pour réaliser un paiement !

    FaceCash
    Enfin, nous avons eu le lancement de FaceCash, développé par celui qui a "failli" créer Facebook avant Zuckerberg. Son idée est de remplacer la carte bancaire par un code barre, que l'utilisateur peut stocker sur mobile.

    L'utilisateur crée un compte sur le site web ThinkLink, l'associe à un compte bancaire et se voit attribuer un code barre personnel. Lors du paiement, le commerçant scanne simplement le code barre, vérifie la photo du porteur (ce qui est présenté comme un mécanisme de sécurité, bien que je ne voie absolument pas en quoi il est possible de sécuriser un code barre et une photo...) et l'application de son terminal conclut la transaction.

    Les avantages de FaceCash ? Pour le commerçant, les frais de transaction sont de 1,5%, ce qui représenterait la moitié de ce qu'il paye pour les achats par carte. Pour le consommateur, il dispose d'une application de gestion de ses achats et d'un moyen de paiement "simple et pratique", ce qui me semble mince pour convaincre, d'autant que l'application en question ne fonctionne, encore une fois, que sur des smartphones...

    C'est quand je vois ce genre d'innovation (je fais toujours référence à FaceCash) que je me dis qu'une bulle est en train d'émerger... qui ne demandera qu'à exploser un jour ou l'autre. Avec toutes les solutions qui nécessitent l'installation de tel ou tel matériel et/ou logiciel chez le commerçant, les boutiques deviendraient rapidement des succursales du Sicob (pour ceux qui se souviennent) !

    Il est tout de même étonnant de voir autant d'effervescence dans un domaine où les marges sont faibles et les modèles économiques ne sont viables que sur une grande échelle. Beaucoup de ces startups sont promises à une existence éphémère...

    Les iniatives de paiement basées sur la technologie sans contact sont peut-être les plus sérieuses mais je ne crois pas que le succès soit proche. Les barrières à l'adoption sont toujours présentes, depuis près de 10 ans :
    • Le déploiement des terminaux de paiement sans contact (coûteux pour les commerçants) et la généralisation des puces NFC sont indispensables mais les deux s'attendent et la situation est bloquée.
    • L'appétence des consommateurs n'est pas avérée : les enquêtes montrent une certaine curiosité mais non un réel engouement. Et on le comprend car la proposition de valeur reste modeste.
    L'exemple japonais est souvent cité pour démontrer le succès possible du paiement sans contact. Mais, d'une part, ce succès n'est peut-être pas si important qu'on le perçoit à quelques milliers de kilomètres de distance (voir à ce sujet l'excellent article de Kristin R. Moyer, du Gartner) et, d'autre part, les conditions locales sont très différentes :
    • Le paiement par carte n'a jamais été très développé au Japon et il a été plus facile de "sauter" des espèces au mobile.
    • La culture du téléphone mobile elle-même est très particulière dans un pays où le mobile est presque un substitut au PC.
    • Enfin, les relations entre opérateurs et fabricants japonais sont également différentes, permettant à NTT Docomo, par exemple, d'imposer la technologie sans contact dans tous les mobiles qu'il distribue.
    Alors, le paiement mobile serait-il voué à l'oubli ? Non, bien sur. Il existe un fort potentiel pour des solutions simples (essentiellement à base de SMS) dans les pays émergents, avec leurs fortes populations non bancarisées. Et pour nous, le paiement sans contact finira certainement par décoller, mais il faudra encore du temps... à moins qu'une vraie proposition de valeur ne soit offerte aux consommateurs et aux commerçants !

    vendredi 6 août 2010

    Ulule, le soutien financier P2P à la française

    Ulule
    Lancé début juillet en version "beta", Ulule se présente comme un réseau social français de micro-financement. Il n'est cependant pas question de financement au sens propre mais plutôt de soutien : les contributeurs sont en réalité des donateurs, qui peuvent éventuellement être récompensés par des "cadeaux", à la discrétion du porteur de projet.

    Techniquement, Ulule n'assure que la mise en relation entre porteurs et contributeurs. Les projets, qui doivent avoir un objectif artistique, collectif ou public, sont soumis à une validation par l'équipe avant d'être proposés au public. Les promesses de contribution sont enregistrées pendant la durée de validité prédéfinie et, lorsque l'échéance est atteinte, les montants "promis" sont transférés au porteur si la somme demandée a été atteinte (dans le cas contraire, aucune transaction n'a lieu). Tous les échanges financiers sont réalisés par Paypal, directement entre les donateurs et le bénéficiaire.

    L'équipe d'Ulule indique avoir dans ses cartons un modèle "freemium" (des services à valeur ajoutée seront offerts moyennant paiement), mais le service est actuellement entièrement gratuit (les bénéficiaires de dons n'échappent cependant pas au paiement des commissions habituelles de Paypal).

    Le concept à la base d'Ulule, nouveau en France, n'est pas récent (aux Etats-Unis, Fundable.com a été lancé en 2005). Et on ne peut pas dire qu'il ait encore fait la preuve de sa viabilité (Fundable.com a cessé toute activité en 2009)…

    L'achat immobilier sur iPhone par CBA

    Commonwealth Bank of Australia
    Les applications iPhone continuent à séduire les banques : dernière en date, "Property Guide", proposée par la Commonwealth Bank of Australia (CBA), n'est pas la traditionnelle solution de consultation de comptes ou de gestion d'opérations, puisqu'elle cible les personnes recherchant un bien immobilier.

    Elle offre de multiples services, parmi lesquels on trouve : listes de propriétés à vendre, analyse des caractéristiques socio-économiques et indications sur les prix de vente moyens du quartier où se trouve le bien convoité, découverte des logements à vendre en réalité augmentée, photos d'intérieur et autres informations détaillées (assemblées à partir de données de ventes antérieures)...


    Naturellement, la banque n'oublie pas son métier et propose donc également des simulateurs d'emprunt immobilier et permet de contacter directement un conseiller.

    L'application a été développée en 5 mois avec deux partenaires spécialisés (fournissant les informations sur le marché immobilier) et a immédiatement rencontré un fort succès, en se positionnant en troisième place des applications gratuites de l'AppStore local.

    "Property Guide" est non seulement une réalisation originale de la part d'une banque, tout en restant étroitement liée à son métier, mais elle me semble aussi intéressante à un autre titre : il s'agit en effet d'une application "composite", combinant intelligemment des données (et des métiers) différents et complémentaires (vente immobilière et prêt bancaire).

    Depuis de nombreuses années, les banques et compagnies d'assurance parlent ainsi d'offres "packagées" qui pourraient être assemblées dynamiquement grâce à l'évolution des technologies de l'information et les possibilités accrues de communication par "services" entre partenaires. Mais à ce jour, les exemples concrets de ce type d'approche sont encore bien rares. CBA n'en est pas encore là avec son application mobile mais elle montre le chemin...

    jeudi 5 août 2010

    A lire ailleurs : 10 tendances soutenues par les technologies

    McKinsey Quarterly
    McKinsey présente 10 tendances à surveiller, toutes supportées par de nouvelles technologies et toutes appelées à transformer les entreprises. Cet article du McKinsey Quarterly (accessible sur inscription, gratuite) est le prolongement d'une première version réalisée il y a deux ans et demi, qui évolue en raison des changements qui affectent les technologies elles-mêmes, à un rythme effréné.

    En résumé, ces 10 tendances sont :

    1. La co-création s'affirme
    Après les pionniers de Wikipedia et du logiciel libre, l'entreprise adopte la co-création : une enquête du cabinet auprès de responsables d'entreprises révèle que 70% d'entre elles y font appel. Et il ne faut pas oublier les millions de blogueurs qui publient des tests et des recommandations, dont certains peuvent constituer une base pour faire évoluer produits et services.

    2. Le réseau est l'organisation
    Les entreprises sont de plus en plus aptes à rompre leurs barrières internes (entre silos) et externes pour rechercher les compétences les plus pertinentes pour accomplir une tâche donnée. McKinsey note cependant que l'orthodoxie dans le management est un frein à l'ouverture vers l'extérieur...

    3. La collaboration monte en puissance
    Alors que les "knowledge workers" sont de plus en plus nombreux et de plus en plus importants pour l'entreprise, il devient critique d'améliorer leur productivité et la collaboration est un pilier de la capitalisation des connaissances indispensable pour atteindre cet objectif. Mais il ne faut pas croire (comme on le voit encore souvent) que la mise en place d'un outil collaboratif suffit à renforcer la collaboration !

    Côté technologies, ces trois premières tendances s'appuient essentiellement sur la puissance du web, les outils collaboratifs et les réseaux sociaux qui effacent les distances et permettent de rapprocher des équipes gigantesques et hétérogènes (pensez aux 300 000 utilisateurs qui ont participé à la traduction de Facebook !).

    4. L'internet des objets se développe
    Depuis les premières adoptions des technologies RFID, l'internet des objets est composé d'une multitude d'appareils connectés, capturant, calculant, échangeant et traitant des informations de toutes natures. Les domaines d'application restent encore largement à imaginer.

    5. Expérimentation et big data
    Le volume d'informations dont dispose l'entreprise (sur ses produits, ses clients, ses ventes...) explose et les moyens d'exploiter cette masse commencent à apparaître, offrant des possibilités immenses de tester et expérimenter de nouveaux services ou produits, en limitant les risques d'erreurs.

    6. Marcher vers un monde durable
    D'un côté, les technologies constituent une source importante d'émissions de gaz à effet de serre, qu'il est nécessaire de maîtriser, et, d'un autre côté elles sont aussi les catalyseurs d'une réduction de l'empreinte environnementale de nombreuses autres activités. La première partie commence à être prise en compte dans l'entreprise et les décideurs doivent maintenant s'attaquer au second volet du "Green IT".

    7. Imaginer tout comme service
    La capacité à mesurer, personnaliser et facturer l'utilisation de services permet de s'affranchir du modèle classique de la vente de produits. Alors que le "cloud computing" de l'informatique est encore balbutiant, le "tout comme service" commence à toucher d'autres secteurs (pensez aux initiatives d'auto-partage, par exemple).

    8. Les modèles business multi-facettes
    Ces modèles consistent à passer d'une interaction entre un acheteur et un vendeur à une interaction où plusieurs acteurs interviennent (l'exemple type est celui de la publicité dans les médias). Le modèle publicitaire est largement répandu sur Internet, y compris dans les logiciels professionnels et de nouvelles formes émergent, favorisées par les effets de réseau (un exemple est celui du "freemium" : un service de base est fourni gratuitement mais une partie des utilisateurs payent pour un service plus évolué).

    9. L'innovation par la base de la pyramide
    Les modèles disruptifs apparaissent plus facilement dans un environnement difficile : c'est une des raisons du succès de certaines initiatives dans les pays émergents, tels que le service de paiement mobile M-Pesa lancé par Safaricom au Kenya. Et ces acteurs vont progressivement exporter leurs modèles vers les pays développés...

    10. La production de "bien public"
    Les technologies sont appelées à faciliter la production de "bien public", qu'il s'agisse de la gestion des transports dans les villes, des réseaux de distribution d'eau et d'électricité "intelligents" ou de leur contribution à l'efficacité des services publics.

    Google Wave, c'est fini

    Google Wave
    Un peu plus d'un an après sa mise en ligne, Google annonce l'arrêt des développements pour Wave, son outil de communication et de collaboration dynamique en temps réel sur le web.

    Lors de son lancement, Google Wave avait attiré l'attention en proposant une approche radicalement nouvelle de la  collaboration sur le web, avec ses possibilités de partage de tout type de contenus et/ou d'applications, immédiatement visibles de tous les participants (jusqu'à suivre la saisie d'un texte caractère par caractère à l'autre bout du monde), dans un mode totalement ouvert. Mais, en même temps, l'outil soulevait des interrogations et laissait perplexe beaucoup de monde quant à ses usages. La rupture était certainement trop importante puisque la faible adhésion des utilisateurs est la raison invoquée pour son arrêt.

    Google n'a pas de regrets sur cet échec, considéré comme un risque naturel dans toute démarche innovante, d'autant plus dans un modèle qui consiste à mettre en ligne un outil, sans promotion particulière, pour voir si les utilisateurs sont séduits ou non. Les développements réalisés seront réutilisés dans d'autres projets (le futur réseau social de Google ?) et, le code source de Google Wave étant ouvert, ceux qui seraient intéressés ont toute liberté de poursuivre l'effort...

    Google profite également de cette annonce pour faire le point sur Buzz, une autre de ses iniatives récentes, dont le succès semble satisfaisant, notamment du fait de son intégration directe dans GMail.

    [Mise à jour - 06/09/2010] Probablement en réponse aux réactions (virulentes) des utilisateurs, les responsables de Wave ont annoncé leur projet de compléter la publication des sources (déjà effective) par la mise à disposition de "Wave in a Box", une version complète et prête à installer de l'application, pour ceux qui souhaiteraient continuer à l'utiliser ou la faire évoluer.

    mercredi 4 août 2010

    Hype Cycle Gartner des technologies émergentes 2010

    Gartner
    Aujourd'hui, Gartner présentait publiquement son "Hype Cycle des technologies émergentes" 2010, synthèse d'un ensemble de 68 "hype cycles" spécialisés par domaine, couvrant plus de 1600 technologies différentes.

    Si vous ne connaissez pas le principe du "hype cycle", vous pouvez en lire une description (en anglais) sur le site de Gartner. De plus, je m'excuse par avance de l'abus de termes anglais dans cet article mais certaines technologies (de même que l'expression "hype cycle") sont difficiles à traduire fidèlement.

    Les technologies émergentes qui, selon Gartner, comptent (ou compteront) en 2010 sont regroupées en quelques "combinaisons", qui représentent les grandes tendances à surveiller dans l'entreprise.

    Interactions et expérience utilisateur
    Ce groupe, un des plus riches du "hype cycle", se répartit sur deux grandes catégories : les appareils et les modes d'interaction.

    Parmi les premiers, les tablettes à stylet atteignent le "plateau de productivité" (même si elles ne se généralisent que dans des secteurs spécifiques) alors que les lecteurs de livres électroniques (e-readers) sont presque dans le "puits des désillusions", avec une généralisation attendue dans les deux ans (attention : on parle bien ici des technologies en entreprise). En revanche, Gartner voit les tablettes "media", dont l'iPad est le représentant le plus connu, au "pic des attentes excessives", mais sur un cycle rapide (deux ans) et avec une capacité de transformation significative...

    Dans les seconds, les interfaces tactiles d'aujourd'hui se verront progressivement complétées d'interfaces "tangibles", c'est-à-dire l'utilisation d'objets physiques pour interagir avec les systèmes. Cette vision s'inscrit dans le long terme (plus de 10 ans) mais elle existe pourtant aujourd'hui avec la reconnaissance d'objet qui permet de créer des applications originales sur la table Surface de Microsoft.

    Réalité augmentée et informatique contextuelle
    Pour Gartner, la réalité augmentée n'est qu'une partie d'une tendance plus générale à laquelle il prédit un brillant avenir : l'informatique contextuelle. La promesse de cet ensemble de technologies est de remplacer l'approche d'une recherche d'information pilotée par l'utilisateur par une offre d'information proposée automatiquement en fonction de son "contexte". Au sein de ce groupe, les applications exploitant la localisation de l'utilisateur sont, sans surprise, en approche du "plateau de productivité".

    La réalité augmentée proprement dite, aujourd'hui surtout mobile et qui est en train d'enrichir son approche par la localisation et l'orientation de l'utilisateur avec des capacités de reconnaissance d'images est cependant positionnée sur le "pic des attentes excessives". Les "plates-formes" de réalité augmentée (dont un exemple est Layar, pour Android et iPhone) devraient favoriser une explosion rapide d'applications innovantes, donnant un nouveau potentiel au concept de mashup.

    Cloud et plates-formes
    Inclus dans le hype cycle depuis 2 ans, le cloud computing est toujours en évolution et il devient de plus en plus important pour les entreprises, où il aura un fort pouvoir de transformation. Mais il approche de la phase de descente dans le "puits des désillusions" et les réactions négatives vont certainement s'amplifier dans peu de temps.

    Côté plates-formes, ce sont les AppStores mobiles qui sont mises en évidence, entrant dans la phase d'"illumination" qui se traduit par une adoption en hausse (quelle banque n'est pas aujourd'hui présente sur l'AppStore d'Apple ?).

    Décisions pilotées par les données
    Les applications décisionnelles sont devenues critiques pour l'entreprise. Dans ce domaine, l'analyse prédictive (consistant à analyser les données historiques et les événéments actuels pour "prédire" le futur) approche le "plateau de productivité". Un aspect intéressant de ces technologies est leur capacité à appliquer des modèles d'un secteur (par exemple bancaire) dans un autre (par exemple la santé), pour faire émerger des utilisations des données auxquelles personne ne pensait auparavant.

    En croissance vers le "pic des attentes excessives", on trouve les "social analytics" qui vont intégrer dans les outils décisionnels de l'entreprise des données provenant de sources externes, dont les plus importantes seront les plates-formes du web social.

    En périphérie
    Un certain nombres de technologies, toutes en phase d'émergence, sont rassemblées dans cette "frange" un peu fourre-tout, qui comprend par exemple : l'impression 3D (dont le potentiel "transformationnel" est jugé important), les robots mobiles (pour des applications ciblées d'asset management, de visioconférence... dans un premier temps)...

    Mise à jour du 05/08 : vous pouvez suivre le webinar en différé et télécharger la présentation depuis cette page.

    mardi 3 août 2010

    A lire ailleurs : le DSI de CBA parle du cloud

    Interview du DSI de CBA
    Quand Michael Harte, DSI de la Commonwealth Bank of Australia (CBA), la première banque australienne, parle du cloud dans une longue interview, il n'est pas question de théorie mais bien d'une réalité
     
    Quelques morceaux choisis pour vous inciter à en lire l'intégralité :
    • Avec le cloud computing, CBA veut se dégager de la gestion des infrastructures et pouvoir ainsi mieux se consacrer à offrir les services que les clients de la banque attendent.
    • CBA a conçu et développé un système de "database as a service" (sur un socle Oracle), qu'elle est prête à partager avec d'autres entreprises.
    • La banque a mis en oeuvre une "capacité de machine virtuelle" pour des serveurs de moyenne gamme, utilisée en interne et en externe (avec Savvis et Amazon) pour le développement et le test d'applications. Ces machines virtuelles sont provisionnées en quelques minutes et peuvent s'adapter à la charge en quasi temps réel.
    • L'utilisation du cloud est limitée actuellement aux développements et tests mais quand on sait que ces activités peuvent représenter jusqu'à 40% de la puissance informatique de la banque, l'intérêt est évident, même si tous les projets ne sont pas candidats au cloud.
    • Concernant les risques et les craintes souvent évoqués avec le cloud computing, Michael Harte a une approche pragmatique : un des savoir-faire d'une banque est la gestion des risques et il s'applique parfaitement à cette problématique. La sécurité, la localisation des données, la portabilité... sont autant de facteurs à prendre en compte dans une évaluation objective des risques et, le cas échéant, peuvent conduire, par exemple, à prendre des précautions spécifiques (telles que des couches de sécurité additionnelles).

    Lecture fortement recommandée !

    lundi 2 août 2010

    Rightcliq by Visa, ma boutique personnelle

    Rightcliq
    Après Mastercard et sa "MarketPlace", Visa lance à son tour son initiative dans le domaine du e-commerce avec Rightcliq, qui offre un ensemble de services innovants pour les porteurs et non porteurs de cartes de la marque (aux Etats-Unis exclusivement).

    Rightcliq, c'est une extension pour navigateur web, qui permet tout d'abord de remplir d'un clic de souris les informations demandées lors d'un achat sur un site de e-commerce : nom et adresse de livraison et caractéristiques de paiement (non limité au paiement par carte).

    Rightcliq, c'est également un site permettant de créer sa boutique idéale : au cours de sa navigation sur un site de commerce en ligne, l'internaute peut "marquer" chaque article qui l'intéresse grâce à l'extension installée dans le navigateur. Les articles ainsi retenus sont alors ajoutés à son "wishspace", qu'il peut organiser à sa guise et qui va ainsi rassembler tous les achats qu'il aimerait faire. Et, une fois un achat réalisé, le service permet également de suivre les livraisons en temps réel (avec certains transporteurs seulement).

    Enfin, et comme il se doit dans tout service "moderne", Rightcliq ajoute une touche de réseau social à ce site en permettant de partager son "wishspace" (en totalité ou en partie) avec ses amis, pour leur demander leur avis et leurs conseils.

    L'idée de Visa, inspirée par les utilisateurs eux-mêmes, est séduisante : le principe d'un site unique sur lequel sont rassemblés tous les achats de l'internaute, et permettant de plus une interaction sociale, va certainement attirer de nombreux utilisateurs, pourvu que la réalisation soit à la hauteur des promesses.

    LCL a testé la table tactile "Surface" en agence

    Communiqué LCL
    On savait que le pôle innovation du groupe Crédit Agricole s'intéressait à la table Surface de Microsoft depuis sa sortie, dont plusieurs démonstrations ont déjà été organisées par la banque. L'étape suivante était naturellement de réaliser un test en situation, ce qui a donc été fait dans l'agence "Quartier Latin" (à Paris) de LCL, au début du mois de juillet.

    Accessible en libre service, aux clients comme aux non clients, la table tactile était équipée de l'application "LCL à la Carte", qui permet à chacun de créer son portefeuille de services bancaires et créer ainsi une offre personnalisée.

    L'objectif de l'expérimentation était d'évaluer l'intérêt du public pour cette nouvelle technologie, la manière dont elle est appréhendée et son efficacité commerciale. Selon LCL, les résultats sont prometteurs : les visiteurs se sont montrés curieux et impatients de prendre en main la table.

    Je suis pourtant sceptique devant cette "innovation" : s'il n'est pas surprenant que le public ait été attiré par la nouveauté et l'aspect ludique de la "Surface" (surtout dans le quartier latin !), il ne me semble pas du tout certain qu'une expérimentation limitée au portage d'une application existante sur un support original puisse en prouver la valeur pour la banque. Ainsi, LCL aura probablement démontré l'attrait d'une certaine population pour la technologie elle-même, mais il reste à imaginer des services originaux exploitant de manière unique les capacités de la table tactile pour qu'une généralisation dans les agences bancaires soit justifiable. Espérons qu'il s'agisse de la prochaine phase du projet du Crédit Agricole !

    Référence : communiqué de presse LCL

    dimanche 1 août 2010

    Rule.fm veut en finir avec l'austérité des applications d'entreprise

    rule.fm
    Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les applications d'entreprise étaient tellement austères qu'on en arriverait à penser, comme Oliver Widder sur Geek & Poke, que l'absence de créativité est un critère de recrutement dans les sociétés qui les développent ? Un logiciel "sexy" serait-il néfaste à l'efficacité ?

    Quelles qu'en soient les raisons, Fusion Monarch a décidé avec rule.fm de rompre avec la tradition établie (par les IBM, Oracle, Microsoft et autres Salesforce de ce monde) et veut "redéfinir le monde des applications de productivité au point de faire pleurer Apple" (citation de TechCrunch).

    Heureusement, l'aspect visuel de rule.fm n'est pas sa seule qualité et l'outil devrait aussi offrir un ensemble de fonctions collaboratives capable de séduire sa cible d'utilisateurs. Le lancement est prévu pour mardi (3 août 2010) mais cette première version ne sera pas encore à la hauteur des ambitions de ses concepteurs, qui affichent une roadmap comprenant de nombreuses nouveautés à venir.

    A ce jour, rule.fm comprend des fonctions de gestion de contacts, d'équipes et de groupes, de gestion de projet, de partage de documents, de suivi d'activités (à la Twitter), de messagerie, de gestion de calendrier..., dans une interface, totalement intégrée, agréable et simple à utiliser. Dans le futur, l'outil étendra son périmètre au CRM (Customer Relationship Management ou Gestion de la Relation Client), ajoutera des wikis et de s'ouvrira à l'accès mobile, entre autres.


    Alors que nombre de startups orientent leurs innovations vers le grand public, il se dessine une tendance à appliquer les recettes qui ont fait leur succès vers le monde professionnel (voir aussi l'exemple d'Asana, créé par un des fondateurs de Facebook). Cela n'est pas surprenant : la "consumérisation" de l'informatique est en marche et n'a pas fini de transformer l'entreprise, en profondeur.