C'est pas mon idée !

jeudi 29 juillet 2010

Réflexions personnelles sur les "clouds internes"

Cloud
Comme vous avez pu le remarquer à la baisse de fréquence de publication sur ce blog, les actualités sont actuellement en vacances et les annonces du moment n'ont plus beaucoup d'originalité (on retrouve toujours les mêmes idées proposéss par de nouveaux fournisseurs)...

Ce calme ambiant me permet de rebondir sur une note de recherche de James Staten, analyste chez Forrester Research, intitulée "You're not ready for internal cloud" (réservée aux clients Forrester). Faute d'un accès client, je n'ai pu lire l'intégralité de cette note mais son résumé reflète mes propres réflexions sur le "cloud interne", que je vais donc synthétiser ici.

Le concept de "cloud interne" a  émergé comme une réponse aux craintes que le "cloud computing" (externe, donc) soulevait dans les DSI des grandes entreprises. En effet, malgré ses avantages de flexibilité et de coût, généralement reconnus, le cloud reste considéré avec méfiance (parfois à tort, mais ce sera l'objet d'un autre article) en raison de la perte de contrôle qu'il induit sur une partie du coeur de métier traditionnel de la DSI, qui se traduit par des interrogations sur la sécurité, la localisation géographique des données, la qualité de service... Le "cloud interne", qui consiste à appliquer les "recettes" du cloud dans les centres informatiques de l'entreprise, apparaît donc comme la solution idéale pour en tirer les bénéfices en éliminant les risques associés.

Avec des centres de production abritant des centaines, voire des milliers, de serveurs hébergeant une myriade d'applications, l'idée semble raisonnable et est même perçue comme une cible naturelle après les efforts entamés par bon nombre d'entreprises pour virtualiser leurs infrastructures. Malheureusement, cette cible sera beaucoup plus difficile à atteindre qu'il n'y paraît et il est presque certain que les "clouds" publics auront largement envahi le paysage informatique avant que de vrais "clouds internes" soient en place.

Pour le comprendre, commençons par rappeler quelques caractéristiques essentielles du "cloud computing" :
  • L'élasticité qui permet d'adapter, à la hausse comme à la baisse, la délivrance de ressources aux besoins réels des applications ;
  • La fourniture des ressources informatiques sous forme de service, facturé à l'usage ;
  • Le partage des ressources entre de multiples clients, condition essentielle pour un modèle économique viable.
Or, pour que le "cloud interne" offre ces qualités (et délivre ainsi ses promesses de flexibilité et de rationnalisation des coûts), il est évident qu'un ensemble de conditions préalables doivent être remplies, parmi lesquelles :
  • Un outillage adapté, permettant l'allocation "à la demande" et l'administration des ressources informatiques, doit être mis en place et parfaitement opérationnel ;
  • Les équipes de production doivent non seulement maîtriser cet outillage mais aussi adapter leurs processus à un nouveau mode de fonctionnement où les serveurs physiques, les serveurs virtuels et les applications sont totalement décorrélés les uns des autres ;
  • Le parc informatique doit converger vers un tout petit nombre de configurations totalement homogènes et banalisées (car l'équation financière du cloud est basée sur un modèle d'économie d'échelle, nécessitant un volume critique) ;
  • Cela implique que les projets doivent également être contraints par ces choix de configurations (adieu le serveur exotique pour mettre en place un nouveau progiciel extraordinaire !).
On le voit bien, ces pré-requis vont nécessiter des efforts importants, d'une part pour adapter les comportements de la DSI et de ses clients et d'autre part en termes financiers car la plupart de ces transformations ont un coût non négligeable. De l'autre côté de la balance économique, les bénéfices seront certainement réels, avec des économies d'infrastructure presque évidentes, mais ils ne seront visibles que lorsque le "cloud interne" aura atteint une masse critique. Ce qui risque d'induire une situation d'attentisme classique dans les grandes entreprises : comment justifier un investissement important dans un projet transverse d'infrastructure dont la rentabilité dépendra de son adoption sur le long terme par des clients incertains ?

Bien entendu, ces difficultés seront traitées avec le temps et le "cloud interne" arrivera bien un jour sous une forme ou une autre (on peut d'ailleurs arguer que c'est déjà le cas dans certaines entreprises sur quelques niches, par exemple pour le stockage mutualisé). Mais si demain matin une demande de déploiement d'application sur Amazon EC2 arrive sur votre bureau, ne promettez pas de pouvoir l'installer sur votre "cloud interne" après-demain !

mardi 27 juillet 2010

Gartner voit du contexte partout

Gartner
Les analystes de Gartner estiment que l'"informatique contextuelle" (context-aware computing) concernera 40% des grandes entreprises d'ici 2013 et sera devenue en 2015 aussi incontournable que la recherche web l'est aujourd'hui.

L'informatique contextuelle englobe les approches (essentiellement technologiques) qui permettent de personnaliser des comportements applicatifs en fonction d'informations de contexte variées, allant de la localisation de l'utilisateur à son humeur du moment, en passant par ses interactions sur les réseaux sociaux ou son parcours de navigation sur le web. Evoquée depuis plusieurs années par Gartner, cette notion est désormais concrétisée à grande échelles à travers tous les services mobiles exploitant les informations de localisation de l'utilisateur pour lui délivrer des informations plus pertinentes.

Gartner décrit 3 types d'initiatives qui devraient devenir les exemples les plus courants d'informatique contextuelle :
  1. La création d'applications grand public "hyper-personnalisées" grâce aux informations de contexte ;
  2. L'amélioration de la performance de processus métier spécifiques (les processus impliquant des populations nomades, par exemple dans la maintenance, viennent immédiatement à l'esprit) ;
  3. L'amélioration de la productivité des "travailleurs informationnels" (knowledge workers), en leur offrant un accès rapide à des informations plus pertinentes en fonction d'un besoin identifié par son contexte.
A ce jour, l'informatique contextuelle n'a pas dépassé les frontières des applications grand public et se limite, pour l'essentiel, à l'exploitation de données de localisation. Le potentiel semble pourtant énorme pour les entreprises, dans lesquelles la difficulté est certainement d'appréhender la valeur d'usage d'une innovation essentiellement technologique. Il s'agit d'une bonne occasion pour les responsables IT d'établir un dialogue et de sensibiliser leurs utilisateurs (métier) aux applications possibles et aux bénéfices qu'il pourront en retirer. Naturellement, pour ce faire, ils devront eux-mêmes se familiariser avec les concepts, s'informer sur les offres existantes et expérimenter, ne serait-ce que pour être plus convaincants auprès de leurs interlocuteurs.

vendredi 23 juillet 2010

A lire ailleurs : banques et medias sociaux

Social Media
Je recommande la lecture (rapide) de l'article de Brett King intitulé "The 5 Stages of Social Media Grief for Bankers" qui décrit les 5 étapes de prise en compte des medias sociaux par les banques (et applicables à d'autres domaines) :
1. L'ignorance totale,
2. Le dédain (c'est une mode passagère),
3. Le questionnement (je ne comprend pas, qu'est-ce que cela rapporte ?),
4. Le "boom supersonique",
5. Le rattrapage en catastrophe.

Selon l'auteur, la plupart des banques serait actuellement au stade du "boom supersonique", c'est-à-dire la réalisation qu'il se passe quelque chose alors que quelques concurrents sont en train de se propulser en avant (lisez l'article pour comprendre la métaphore ;-) Il s'agit peut-être de la réalité pour les établissements financiers américains mais j'ai l'impression que les banques françaises sont encore au stade 3... Néanmoins le "boom !" est peut-être pour bientôt !

Total Immersion démocratise la réalité augmentée

Total Immersion
Total Immersion, jeune entreprise française et leader mondial de la réalité augmentée annonce une version Flash de sa technologie pour le grand public.

Si vous ne connaissez pas encore Total Immersion, prenez le temps de consulter quelques-unes des vidéos de sa galerie de présentation (ma préférée est celle d'Alstom). Contrairement aux logiciels biens connus de réalité augmentée sur mobile (comme Layar), qui se basent uniquement sur la localisation et l'orientation du téléphone, la technologie de TI embarque un moteur de reconnaissance d'images et de formes qui lui permet d'ajouter avec précision des contenus virtuels à l'image capturée de la réalité (par exemple sur un visage). Le résultat est beaucoup plus convaincant et offre une palette de cas d'utilisations nettement plus étendue.

Pour mémoire, c'est Total Immersion qui avait réalisé les bornes d'animation "Arthur et les Minimoys" dans les agences BNP Paribas (justement sur la base d'une reconnaissance du visage des enfants) et le groupe a poursuivi l'expérience avec une autre opération réalisée par Fortis.

La société propose des applications de réalité augmentée sur des équipements spécifiques (bornes interactives, lunettes d'immersion...) sur lesquelles elle peut déployer ses applications sans difficulté. Mais elle offre également des solutions destinées au grand public et accessibles sur le web (voir par exemple les "Animaux du Futur" du Futuroscope de Poitiers). Or, dans ce cas, l'internaute devait, jusqu'à maintenant télécharger un logiciel sur son PC pour profiter de l'expérience de réalité augmentée. Avec la nouvelle version Flash (le lecteur étant déjà installé sur près de 99% des PC existants), cette limitation va disparaître et les applications vont devenir beaucoup plus accessibles. L'explosion de la réalité augmentée (prédite, entre autres, par Gartner) va commencer !

jeudi 22 juillet 2010

L'influence des employés sur les choix informatiques de l'entreprise

RSA
Une étude d'IDG Research Services révèle que la demande des collaborateurs d'utiliser des technologies "grand public" pour leurs activités professionnelles est en train de transformer les approches de l'achat et de la sécurisation des technologies dans l'entreprise.

Ainsi, parmi les responsables interrogés, près de 80% déclarent que l'introduction d'iPhones, iPads et autres tablettes et netbooks par les collaborateurs les conduisent à infléchir leur stratégie. Au premier plan, ce sont les choix d'équipements qui sont soumis d'une manière ou d'une autre aux préférences des utilisateurs, principalement pour les smartphones (60% des répondants), les tablettes et les netbooks (environ 50%), loin devant les PCs (de bureau et portables), qui restent encore relativement sous contrôle. Dans 25% des cas, les employés sont même autorisés à utiliser leurs appareils personnels pour leur travail.

Bien que cette forme d'ouverture soit plutôt considérée comme positive, notamment pour la productivité, les responsables se révèlent mal préparés. Ainsi, la majorité des entreprises a mis en place des solutions pour interdire ou limiter l'accès des appareils personnels au réseau d'entreprise mais 60% des personnes interrogées confirment que des connexions non autorisées sont néanmoins détectées et, dans 23% des cas, ces connexions ont généré des incidents de sécurité. Seuls 11% des répondants se déclarent d'ailleurs confiants dans les mécanismes de protection mis en place.

L'introduction, inéluctable, d'appareils personnels dans la sphère de l'entreprise représente une inversion de tendance majeure : d'une époque où l'entreprise fournissait des outils (PC portable puis téléphone mobile) pour "inciter" les collaborateurs à travailler plus (en dehors des heures de travail), nous passons à une ère où ce sont les employés qui demandent à pouvoir utiliser leurs outils personnels pour améliorer leur productivité. Il n'est donc pas surprenant que les responsables informatiques et sécurité soient pris de court par un mouvement qui les place par défaut en position de "résistance".

Il leur faut pourtant prendre en compte l'évolution des usages et il serait dangereux de tenter de "tout interdire" ou, pire, ignorer ce qui se passe car le risque sera alors bien plus élevé que si des choix conscients et raisonnés sont faits et accompagnés d'un minimum de précautions.

L'étude, menée par IDG Research Services pour le compte de RSA, la division sécurité d'EMC, a été conduite auprès de plus de 400 décisionnaires SI et sécurité en juin 2010.

[Tech] Non, le mainframe n'est pas mort !

IBM zEnterprise
En présentant le zEnterprise, IBM veut démontrer que le mainframe a encore un avenir, malgré les fréquentes prédictions de sa future disparition, au profit de grappes de serveurs "banalisés" à bas coût.

Et cette nouvelle génération de serveurs a certainement des arguments à faire valoir, au moins auprès des clients historiques des grands systèmes d'IBM, banques et compagnies d'assurance en tête.

Ainsi, le zEnterprise offrirait 60% de capacités supplémentaires par rapport au z10, son prédécesseur, à consommation électrique équivalente. Au-delà de la puissance supplémentaire ainsi accessible, cette augmentation d'efficacité énergétique, qui place le serveur d'IBM parmi les meilleurs, profitera également aux initiatives "Green IT" dans les centres de production (sans oublier la réduction de facture énergétique associée). C'est d'ailleurs un argument qui n'a pas échappé au responsable des infrastructures de Citi.

Au serveur lui-même, IBM propose de plus d'ajouter le "zEnterprise BladeCenter Extension" qui permet d'intégrer des lames "Power 7" ou "System x" (les deux gammes de serveur de petite et moyenne gamme du constructeur). L'ensemble peut alors être administré de manière unifiée avec le "zEnterprise Unified Resource Manager", capable de gérer plus de 100,000 serveurs virtuels comme un système unique.

Quoiqu'en pensent les oracles pessimistes et même s'il est peu probable qu'IBM gagne beaucoup de nouveaux clients avec ses mainframes, le constructeur reste très actif et les innovations qu'il apporte à cette gamme, qui a par ailleurs fait ses preuves depuis plusieurs dizaines d'années, permettent à ses clients de voir l'avenir de leurs (lourds) investissements avec confiance.

Petits paiements entre amis, sur mobile

Paiement Mobile
Le monde des paiements, en particulier sur mobile, est en pleine effervescence et le marché, dont certains analystes estiment qu'il atteindra 1 milliard de dollars d'ici 2015 attire les convoitises. A quelques jours d'intervalle, ce sont 3 annonces qui illustrent le dynamisme du secteur.

La première annonce est celle des résultats d'eBay, dont la filiale PayPal affiche des résultats record et montre une progression impressionnante (1 million de nouveaux comptes créés par mois) portée, d'une part, par les marchés européens et asiatiques et, d'autre part, par ses activités de paiement mobile. Pour mémoire, l'ensemble de l'activité de PayPal représente plus de 21 milliards de dollars échangés pendant le deuxième trimestre 2010.

Ensuite, c'est CashEdge qui voit son offre PopMoney progressivement adoptée par les établissements bancaires. PopMoney est une solution de paiement P2P ("pair à pair") simple à utiliser puisqu'elle requiert uniquement l'adresse mail ou le numéro de téléphone mobile du destinataire pour effectuer un paiement, qui peut être émis par mail, par SMS ou via une application dédiée (sur smartphone). Pour en favoriser le déploiement, CashEdge s'appuie sur l'intégration de ces services de paiement dans son offre de banque mobile MShift.

Enfin, sur un modèle identique (en termes de fonctionnement et d'intégration), Fiserv, le fournisseur de progiciels bancaire, annonce la disponibilité effective de ZashPay, sa solution de paiement P2P mobile dont plus de 200 établissements (aux Etats-Unis) auraient confirmé leur intention de la déployer.

Alors que le pionnier du paiement en ligne, PayPal, avait pris un certain retard dans sa transition vers le mobile, il semblerait qu'il soit en passe de devenir un acteur majeur du secteur. Cependant, contrairement à ce qui s'est produit avec le paiement sur Internet, les banques américaines n'entendent pas se laisser distancer et elles le prouvent en adoptant massivement (y compris les plus petites d'entre elles) les solutions qui leurs sont proposées, alors qu'elles n'ont pas réellement fait leur preuves.

Et de notre côté de l'Atlantique ? PayPal renforce ses positions et les expérimentations lancées par quelques banques ces dernières années sont plus ou moins laissées à l'abandon... Les banques hexagonales auraient-elles déjà déclaré forfait ?

mercredi 21 juillet 2010

CIO100 : 100 DSI transforment le business par l'innovation

CIO100
CIO.com annonce les lauréats de ses "CIO100 2010", 100 DSI (US) distingués pour des projets technologiques innovants créateurs de valeur pour leur entreprise.

Parmi les 100 DSI retenus pour 2010, les services financiers et l'assurance ont chacun 9 représentants, parmi lesquels je vous propose ma propre sélection (le premier de chaque liste étant mon préféré).

Assurance
  • Chubb a créé une plate-forme de réseau social d'entreprise pour organiser des événements d'innovation internes auxquels plus de 10,000 employés dans 27 pays sont invités à participer. La première édition a suscité deux idées réalisables, qui sont maintenant en phase pilote. Une session "Innovation IT" a ensuite généré 39 idées faciles à implémenter pour améliorer l'efficacité de la DSI.
  • Guardian, mutuelle d'assurance vie, a mis en place une architecture de services (SOA) pour renouveler son portail de self-service, lui permettant d'utiliser les mêmes services pour toutes les audiences (partenaires et clients), pour la plus grande satisfaction de tous.
    Un bel exemple pour ceux qui annoncent la mort des SOA !
  • Amerisure Mutual Insurance a entièrement virtualisé son infrastructure : 60 serveurs hébergeant 250 machines virtuelles remplacent les 145 serveurs d'il y a 5 ans, pour une économie de 750 000 USD la première année, et 850 clients léger Wyse accédant à des serveurs XenApp remplacent 800 PC, pour une économie de 1,9 MUSD la première année. Les économies devraient atteindre 8,5 MUSD sur 5 ans.
Services financiers
  • Comme beaucoup d'entreprises, Vanguard Group s'est intéressé à l'iPhone dès l'annonce d'un kit de développement et a rapidement livré une application pour ses clients gestionnaires de fonds. Mais c'est l'approche adoptée qui rend le cas intéressant : le logiciel a été créé (à bon marché) par un "groupe d'innovation distribué", c'est-à-dire une équipe de développeurs (enthousiastes) bénévoles !
  • PNC Financial Services Group a intégré sur un seul support une carte d'étudiant et une carte de paiement, ajoutant des services de transfert sur un portail destiné aux parents et des options de suivi des comptes sur mobile pour les étudiants.
    Cette innovation rappelle la carte LCL ISIC en France...
  • Morgan Stanley a déployé à grande échelle un système de communications unifiées sur 14 000 Blackberrys de ses collaborateurs. Celui-ci est intégré au réseau de téléphonie interne et offre des services à valeur ajoutée (par exemple autour de la téléconférence ou encore l'accès à une plate-forme de réseau social). L'économie annuelle (sur les appels longue distance "internes") est estimée à 5 MUSD.
Vous pouvez retrouver ces exemples et tous les autres projets récompensés sur le site CIO100 2010.

Explosion de l'internet mobile chez les jeunes

Ce n'est pas une réelle surprise mais une étude de ComScore le confirme : les jeunes français de 15 à 24 ans utilisent de plus en plus Internet sur leur mobile. Avec une croissance sur un an de 43% des utilisateurs de messagerie instantanée, de 57% pour le mail et de 107% pour les réseaux sociaux, ce sont les accès Internet sur PC qui sont en baisse.

Il faut également signaler la poursuite de la baisse d'intérêt pour la messagerie (traditionnelle et instantanée) au profit des réseaux sociaux, qui deviennent progressivement le support privilégié des communications de ces populations.

Ces tendances, qui s'amplifient exponentiellement avec le temps, doivent être prises en compte dans les entreprises, à la fois dans les stratégies de communication et marketing, qui risquent de rater une cible importante en restant sur des médias "traditionnels", mais également pour les DRH (et tous les managers), qui doivent préparer activement l'arrivée de cette nouvelle génération de collaborateurs !

Référence : BusinessMobile.fr

Skydera : unifier l'administration du cloud

Skydera
La startup Skydera dévoile une nouvelle plate-forme d'administration unifiée des infrastructures dans le cloud, elle même proposée en mode SaaS ("Software as a Service"), supportant 4 des principales solutions actuelles : Amazon Web Services, Rackspace, GoGrid et SliceHost.

Avec cette offre, Skydera promet de :
  • Faciliter la gestion des utilisateurs (administrateurs) avec une interface de configuration fine des droits attriubés à chacun.
  • S'affranchir des contraintes des infrastructures propriétaires en permettant la portabilité des "images" (de serveur) d'une plate-forme à une autre.
  • Donner de la visibilité sur les infrastructures exploitées, avec un outil d'analyse fournissant des informations consolidées et complètes sur les différentes plates-formes (suivi de la charge et de l'utilisation des ressources, surveillance des coûts...).
Skydera n'est pas la première société à cibler ce marché mais les solutions sont encore jeunes et toutes les offres ne se ressemblent pas. Il reste donc de la place pour une concurrence saine sur les fonctions offertes et la couverture disponible (de ce point de vue, Skydera est plutôt bien positionnée avec 4 plates-formes supportées).

En tout état de cause, ces solutions d'administration d'infrastructure du cloud répondent à un vrai besoin et leur adoption permettra de soulager une partie des craintes des DSI sur les risques de "vendor lock-in".

mardi 20 juillet 2010

Un réseau social pour le Crédit Agricole

CreditAgricole.info
La Fédération Nationale du Crédit Agricole a lancé en avril dernier deux nouvelles initiatives étroitement liées : un site de communication avec ses clients, plus dynamique et interactif que les traditionnels sites institutionnels et un réseau social interne. Les deux s'appuient sur l'offre de l'éditeur français Jalios, partenaire de longue date du Crédit Agricole.

Alors que les outils existants favorisaient une diffusion d'information "descendante", la mise en place d'un réseau social répond à un objectif d'établir des relations "transverses" dans le groupe et, en particulier, entre les caisses régionales.

La plate-forme est composée des éléments classiques pour ce type d'outils : organisée en "club", chacun de ceux-ci offre un annuaire des participants (avec une notion de présence), un fil d'actualité mixant les actions des participants et leur "statut" (à la "Twitter"), un espace de discussion et un espace documentaire. Le tout est adapté à un contexte d'entreprise, notamment du point de vue de la sécurité et de la confidentialité des informations, le cas échéant.

CreditAgricole.info

La FNCA se déclare satisfaite du succès de son réseau social : elle affirme avoir déjà enregistré 3000 participants et plusieurs nouveaux "clubs". Ses responsables confirment cependant une réalité incontournable : le plus difficile n'est pas de mettre en place un outil et l'animation des espaces et l'accompagnement des utilisateurs sont bien plus importants.

L'initiative de la FNCA est pleine de bon sens : dans un groupe composée de plusieurs caisses régionales ayant une certaine tradition d'"étanchéité", la communication interne ne peut qu'être gagnante. Mais le changement de culture qu'un réseau social induit dans l'entreprise va certainement être long et difficile...

Quant à l'outil choisi (Jalios), il ne fait pas partie de mes favoris, restant à mon avis trop marqué par les "réflexes" du web traditionnel et, en particulier, de la gestion de contenu web (le métier d'origine de la société). Pour ne citer qu'un exemple, dans le cas du Crédit Agricole, la création des clubs doit être demandée à un administrateur... Mais, répétons-nous, l'outil n'est qu'une infime partie de la recette du succès !

Référence : communiqué Jalios

Findomestic émet les cartes à puce sur le point de vente

Findomestic
Dans sa série des "Mardi de l'Innovation", BNP Paribas présente une première mondiale réalisée par Findomestic, sa filiale de crédit à la consommation en Italie : un système développé en interne permet de délivrer sur le lieu de vente une carte à puce immédiatement active, embarquant application de paiement et programme de fidélité. Deux enseignes ont participé au pilote : Conforama (avec Visa) et Rinascente (avec Mastercard).

Selon ses concepteurs, le système a déjà permis d'augmenter les ventes de l'offre de crédit à la consommation et de limiter les taux de résiliation. Ils évoquent également l'amélioration de la sécurité, notamment par rapport aux fraudes sur l'identité et aux risques de perte ou de vol en cours d'envoi. Enfin, des économies sont réalisées sur les frais d'expédition.

Alors que le législateur s'inquiète de la croissance du crédit à la consommation, cette innovation risque d'être mal perçue. Cependant, il est indéniable que le gain de réactivité ne peut avoir qu'un effet positif pour Findomestic et ses partenaires.

Enquête sur la banque mobile

IDC Financial Insights
IDC Financial Insights a réalisé une enquête auprès d'un échantillon de plus de 1000 consommateurs américains, pour évaluer les usages de la banque mobile (m-banking).

Premier constat, la banque mobile est en voie d'adoption : les offres des banques ont crû de manière significative et le taux d'utilisation a presque doublé en un an (le SMS restant la forme la plus populaire d'accès).

Pourtant, le mobile n'est toujours pas un canal à part entière. De plus en plus habitués à la gratuité, les clients ne sont pas prêts à payer pour accéder aux services que leur banque leur propose. Selon IDC, les établissements financiers doivent adopter une vision stratégique du canal mobile et seule l'introduction de nouvelles fonctions (dépôt de chèque, paiement et autres moyens de transfert d'argent...) leur permettra d'envisager de facturer ces offres.

La question des revenus possibles avec un nouveau canal d'interaction entre les clients et leur banque est certes importante mais peut-être pas primordiale. A l'heure actuelle, les services mobiles sont avant tout un moyen d'attirer et de fidéliser les clients et, comme pour le canal Internet et malgré les coûts qu'ils engendrent, la bataille se jouera certainement sur ce terrain-là pour encore quelques années.

samedi 17 juillet 2010

Citibank ouvre son "Innovation Lab"

Citibank
Comme de nombreuses banques à travers le monde (et en France), Citibank a ouvert un "Innovation Lab" dans les sous-sols d'une de ses agences de Manhattan et FoxNews a eu l'occasion de le visiter.

Alors quelles sont ces innovations ? Malheureusement, rien de très excitant :
  • Une application de paiement sans contact pour téléphone mobile, dont la seule "originalité" est de stocker les reçus sur le téléphone.
  • Un mur-écran tactile pour accéder à des informations locales et mondiales.
  • Un écran tactile mural (mais de taille "normale") pour souscrire produits et services.
  • Le "workbench", une version "à plat" du précédent, permettant de choisir une carte bancaire et, apparemment, de l'obtenir immédiatement ("impression" directe).
Au vu de son ambition limitée, il n'est pas étonnant que Citi envisage un déploiement dans les deux ans à venir (dont le coût serait estimé à environ 100 millions de dollars). On peut tout de même s'interroger sur l'intérêt de créer un "Lab" pour exposer et tester (en interne) des technologies déjà éprouvées et mises en oeuvre dans d'autres banques, parfois depuis longtemps...

Quel établissement financier a le plus de succès sur iPhone ?

Rollercoaster Extreme
Une petite devinette : parmi tous les établissements financiers présents sur l'AppStore (France) d'Apple, lequel propose l'application iPhone la plus téléchargée ? Société Générale avec "L'Appli" ? Non, car celle-ci est devancée par "RollerCoaster Extreme", un jeu diffusé gratuitement, dans le monde entier, par BarclayCard.

Dans la lignée du précédent "WaterSlide Extreme" (téléchargé plus de 12 millions de fois), ce nouveau jeu est conçu comme un relais de la campagne publicitaire "RollerCoaster" de la marque. Et la recette fonctionne : après 2 semaines de disponibilité, BarclayCard affirme que le jeu a déjà été téléchargé 4,3 millions de fois.

Beau résultat pour une campagne qui atteint une cible privilégiée (relativement jeune et affluente) de la filiale de Barclays et qui lui permet, grâce à un concours de meilleurs scores (richement doté), de recueillir les coordonnées d'une partie des joueurs.

Pendant ce temps, nous sommes toujours sans nouvelles de l'application du Crédit Agricole...

vendredi 16 juillet 2010

Terminal de paiement sur smartphone : encore une solution !

CardEase Mobile
CreditCall, processeur de paiements par carte, présente la n-ième solution pour transformer un smartphone (BlackBerry, en l'occurence) en terminal de paiement, CardEase Mobile, actuellement en test et qui devrait être disponible en septembre.

Cette nouvelle offre a pourtant deux particularités qui justifient de s'y arrêter un instant.

CardEase Mobile est une application qui permet aux clients de CreditCall d'accepter les paiements en mode "CNP" ("Carte Non Présente", c'est-à-dire, pour faire simple, sans validation de la transaction par l'utilisateur), comme la solution d'AT&T dont nous parlions il y a quelques jours. La nouveauté est que la même application peut aussi être connectée à un lecteur de carte, via une connexion Bluetooth chiffrée, pour lire la piste magnétique ou la puce de la carte et, dans ce dernier cas, demander le code PIN du porteur. Le choix d'une connexion Bluetooth rend la solution plus séduisante que les "prothèses" de Square (par exemple) mais le lecteur est aussi plus encombrant...

CardEase Mobile
L'autre innovation de CardEase Mobile est la mise à disposition d'APIs ("Application Programming Interface") qui permettront aux développeurs d'intégrer les fonctions de paiement au coeur de leurs applications mobiles.

Cette possibilité séduira certainement les développeurs de logiciels ciblant les entreprises dont les employés sont itinérants (forces de vente, taxis, sociétés de maintenance ou de réparation à domicile, entreprises de livraison en tout genre...).

Les consommateurs s'inquiètent de la fraude bancaire

Une enquête auprès d'un échantillon de plus de 1000 consommateurs américains révèle les attentes de ceux-ci vis-à-vis de leur banque en matière de lutte contre la fraude. Ainsi, alors que la moitié des personnes interrogées se disent préoccupées par la fraude bancaire, plus de 60% estiment que la responsabilité de la protection incombe principalement à leur banque.

Cependant, moins de la moitié des répondants considèrent avoir reçu les informations et conseils qui leur permettent de se sentir protégés et près des deux tiers aimeraient mieux connaître les mesures préventives prises par les institutions financières.

Les banques mettent en place de grands programmes de lutte contre la fraude mais, en effet, elles informent très peu leurs clients des mesures adoptées. Très concrètement, combien de voyageurs ont vu une transaction refusée à l'autre bout du monde, sans en comprendre la raison, qui relève d'un algorithme de détection de comportement frauduleux ? Plutôt que de laisser un sentiment d'insatisfaction profonde dans l'esprit du client, peut-être serait-il plus habile d'expliquer a priori les mécanismes entrant en jeu, voire les moyens de prévenir les incidents de ce type...

Une initiative pour stimuler l'ecosystème du mobile en France

Initiative Services Mobiles
Un large groupe d'acteurs, comprenant l'INRIA, OSEO, des pôles de compétitivité (Cap Digital, System@tic...), des industriels (Bouygues Telecom, Alcatel Lucent) et des PME, annonce la création de l'Initiative Services Mobiles (ITS), dont la vocation est de stimuler l'innovation et le marché français de la mobilité.

Pour atteindre ses objectifs, l'ITS a défini dix actions concrètes, dont certaines sont déjà lancées : une place de marché des données publiques (initiée avec Data Publica), un portail de l'ecosystème mobile et un programme de soutien OSEO ciblé.

L'initiative est louable, dans un contexte où le mobile représente effectivement un marché en forte croissance sur lequel les entreprises françaises ont des atouts à faire valoir. Il reste cependant à voir si l'effort sera suivi dans le temps, le précédent de Proxima Mobile, qui semble "patauger" depuis presque 6 mois, incitant à la prudence en la matière...

Cloud : qu'en pensent les assureurs ?

Cloud Computing
Insurance & Technology a interrogé 214 professionnels de l'assurance (aux Etats-Unis) pour mesurer leur maturité vis-à-vis du "Cloud Computing" et les résultats montrent une certaine perplexité générale...

Tout d'abord, le concept de "cloud" reste relativement mal compris : pour 12% des répondants il ne s'agit que d'un terme marketing et 58% (seulement) intègrent dans leur vision ses 3 dimensions principales, SaaS (Software as a Service), PaaS (Platform as a Service) et IaaS (Infrastructure as a Service). Quant à son potentiel, plus de la moitié des personnes interrogées sont encore incertaines contre 35% qui considèrent le "cloud" comme une technologie de transformation ou la prochaine révolution de l'informatique.

Sans surprise, le principal frein à l'adoption reste la sécurité, les assureurs évoquant également les contraintes réglementaires qui pèsent sur leurs activités. La non ségrégation de leurs données (les données de tous les clients d'un fournisseur sont hébergées dans les mêmes infrastructures) est jugée particulièrement problématique. Plus étonnant, 40% des répondants affirment ne pas percevoir la valeur métier du "cloud".

Ces freins à l'adoption seront assurément levés à terme : les fournisseurs majeurs (par exemple Google et Amazon) offrent déjà des options de ségrégation par VPN. Les analystes prévoient que ce sont d'abord les petites compagnies d'assurance, qui ne disposent pas des ressources nécessaires à la création d'un "cloud" interne, qui seront les premières clientes et induiront progressivement un effet boule de neige, en fonction de leurs succès.

En marge de l'enquête, l'article cite le cas d'Axa Equitable, dont le DSI indique qu'elle dispose d'un "cloud" interne qui permet l'adaptabilité des applications à la charge. Ce "cloud" dispose d'une marge de capacité informatique d'environ 20%, qui augmente donc le coût global de l'infrastructure mais qui est considérée comme un bon compromis pour garantir la sécurité des transactions.

Entreprise 2.0 : un exemple de succès

Alcatel-Lucent
Loin des services financiers, la mise en place d'outils de réseau social d'entreprise par Alcatel-Lucent n'en constitue pas moins un cas intéressant, pouvant servir d'exemple à de nombreuses autres grandes entreprises.

Sous l'impulsion de Greg Lowe "social media strategist & global infrastructure architect" et après l'appel du PDG à développer les collaborations internes, c'est d'abord une instance de Yammer, un "Twitter d'entreprise", qui a été mis à disposition des 77 000 collaborateurs en septembre 2008. Le démarrage a été lent : à la fin de l'année, 250 utilisateurs seulement étaient enregistrés (9 300 aujourd'hui), d'abord par curiosité, ne sachant pas bien à quoi cet outil pouvait leur servir. Pourtant, ce sont les réactions de ces utilisateurs (par exemple : "Yammer m'a évité de perdre 3 jours à trouver la personne à qui je pouvais soumettre mon problème") qui ont permis de passer à l'étape suivante.

Alors que cette première expérience s'est faite sans financement, Alcatel-Lucent ayant choisi la version gratuite (et basique) de Yammer, il a été possible d'obtenir un budget pour mettre en place un véritable outil de réseau social. Le projet a tout de même mûri pendant plus d'un an, avant le lancement d'une plate-forme basée sur Jive (une sorte de "Facebook d'entreprise), dont le succès s'avère plus rapide : annoncé en mars 2009 par un mail envoyé à 125 personnes de l'entreprise, 20 000 personnes sont déjà enregistrées et une moyenne de 1 000 personnes accèdent à la plate-forme chaque jour. Si une bonne partie des 800 groupes créés dans l'outil sont consacrés à des sujets professionnels, d'autres ont une vocation plus "sociale" (par exemple les amateurs de photographie ont keur groupe).

L'approche d'Alcatel-Lucent est un exemple typique de ce que de nombreux "spécialistes" déconseillent : mettre en place un outil d'abord et attendre l'adhésion des utilisateurs (par opposition à leur recommandation de commencer par cibler un cas d'usage pour ensuite étendre les bonnes pratiques à d'autres groupes). Malgré tout, il se pourrait que ce soit bien la "bonne" méthode : les réseaux sociaux d'entreprise créant une rupture dans les cultures "traditionnelles", il est difficile de prévoir si telle ou telle communauté va effectivement se les approprier (cela dépend de leur sensibilité, de leurs habitudes de travail, de leur appétence pour de nouveaux modes de communication...). Mieux vaut donc ouvrir largement l'accès et faire émerger le succès par les groupes de collaborateurs les plus porteurs, qui ne seront pas toujours ceux qui auraient pu être pressentis. Dans le cas d'Alcatel-Lucent, Greg Lowe note ainsi que les personnels des DSI ne sont pas très représentés parmi les utilisateurs de Yammer, alors qu'il s'agit d'un groupe généralement considéré comme une cible "facile" pour les outils du web 2.0...

Référence : ComputerWorld

mardi 13 juillet 2010

L'iPad entre chez Wells Fargo

Apple iPad
Wells Fargo a pris la décision, en deux semaines, d'autoriser ses collaborateurs à utiliser l'iPad d'Apple pour leurs besoins professionnels. La banque avait pris plus de deux ans avant d'accepter l'iPhone mais il est probable que ce précédent a facilité les choses.

Dès sa disponibilité, Wells Fargo avait acquis 15 exemplaires afin de réaliser des tests et mettre en place les garde-fous nécessaires pour garantir la sécurité de son utilisation. Depuis, un autre lot a été commandé mais reste en attente de livraison.

Plus encore que l'iPhone, l'iPad a déclenché une vague d'adoption massive et il est inévitable qu'il pénètre dans l'entreprise, que celle-ci le veuille ou non. La démarche de Wells Fargo est donc frappée au coin du bon sens : mieux vaut accepter la tablette, avec les précautions requises, que d'ignorer le phénomène et perdre tout contrôle sur son utilisation.

Cependant, les usages de la nouvelle "merveille" d'Apple en entreprise restent encore à inventer : en dehors de ses possibilités pour prendre des notes en réunion ou de son utilisation pour projeter des présentations, rien de très excitant n'a encore été imaginé pour les usages professionnels, qui ne sont pas la cible du constructeur...

Référence : Bloomberg

Microsoft teste la crédulité des consommateurs

Dans une opération mi-pédagogique, mi-promotionnelle, Microsoft a créé à New York une fausse agence bancaire de la non moins fictive "Greater Offshore Bank & Trust" afin de démontrer la facilité avec laquelle les consommateurs peuvent se faire abuser par des fraudes bien conçues, dressant un parallèle avec les fraudes sur Internet (notamment le phishing).

Les faux agents de la banque, vrais acteurs, ont ainsi pu collecter les informations personnelles des clients potentiels, alléchés par un cadeau de 500 $ pour toute ouverture de compte : numéro de sécurité sociale, numéro de carte bancaire, échantillons de cheveux (pour l'ADN), nom des parents... jusqu'à leur préférence pour les slips ou les caleçons !

Au fait, quel était l'objectif de Microsoft ? Assurer la promotion (par exemple en vidéo - celle-ci est intitulée "the dot-cons" !) de son navigateur IE8, qui propose une fonction d'alerte sur les sites frauduleux.

Le cloud d'Amazon cible les applications HPC

Amazon EC2 for HPC
Amazon annonce la disponibilité de "Cluster Compute Instances for EC2", une nouvelle offre du nuage EC2, dédiée à l'exécution d'applications de calcul à haute performance ("High Performance Computing" ou HPC).

De nombreuses entreprises exploitent de telles applications, hautement parallélisées et très consommatrices de puissance de calcul, sur des infrastructures en "clusters" ou en "grid". Dans les banques, il s'agit par exemple des calculs de valorisation (banque d'investissement) ou des calculs de risques, pour lesquels d'importantes infrastructures de calcul sont souvent dédiées.

Une des contraintes de ces applications est de relier les "noeuds" du cluster avec un réseau très performant (avec un minimum de latence, notamment), qui permet une coordination optimale des tâches réalisées en parallèle. C'est exactement la promesse d'Amazon avec sa nouvelle offre.

Les banques ne sont certainement pas prêtes à abandonner leurs solutions internes pour passer sur le "cloud", même sans invoquer les habituelles craintes pour la sécurité des données ou, dans ce cas particulier, les contraintes du réseau, qui peuvent limiter les capacités de transfert des données très volumineuses vers une unité de calcul dans le "cloud".

Mais l'offre d'Amazon pourrait tout de même les séduire pour faire face à des besoins ponctuels (pic de charge, calcul exceptionnel...) pour lesquelles leurs systèmes s'avèreraient insuffisants et qui ne justifiraient pas l'investissement nécessaire pour accroître la puissance disponible en interne. Il convient néanmoins de noter que, dans sa version actuelle, "Cluster Compute Instances" a quelques limitations (un maximum de 64 coeurs, uniquement sur Linux...) dont on ne peut qu'espérer qu'elles soient levées à terme.

lundi 12 juillet 2010

Signature sur tablette graphique

Wacom
Wacom, leader des tablettes à digitaliser destinées principalement aux dessinateurs et autres graphistes, cherche désormais d'autres marchés pour sa technologie. Ainsi, sa gamme "Signature" cible les besoins croissants de dématérialisation des entreprises, en offrant un support idéal pour enregistrer la signature de clients, avec une précision inégalée puisqu'elle enregistre non seulement les traits mais également la pression et la vitesse du tracé. La dernière née de cette gamme intègrera un écran LCD couleur avec lequel elle pourra donc aussi servir de support de communication.

Depuis quelques temps, les banques sont à la recherche de solutions fiables, sécurisées et ergonomiques pour dématérialiser les documents échangés avec leurs clients. Le "carton de signature", utilisé pour vérifier la signature sur les chèques, est l'exemple le plus significatif : des expérimentations sont régulièrement réalisées avec diverses technologies (par exemple les stylos électroniques), sans concrétisation.

Pourtant BBVA a franchi le pas : la banque espagnole est en cours de déploiement de 4 500 tablettes Wacom "Signature" dans ses agences. Autre exemple pour lesquels Wacom fournit plus d'information : CECA (fédération des caisses d'épargne espagnoles) a adopté les mêmes appareils dans un objectif de dématérialisation totale. Elle estime ainsi pouvoir réaliser 30 MEUR d'économies annuelles en réduisant le traitement des documents imprimés.

eToro introduit le "social trading"

eToro
eToro, plate-forme de trading en ligne, lance OpenBook, présenté comme un "réseau social de trading". Avec OpenBook, les traders, débutants ou confirmés, vont pouvoir partager, consulter, voire copier, les stratégies de leurs pairs, de la même manière que des utilisateurs d'un réseau social partagent et consultent.activités, photos, informations...

L'intérêt pour les débutants est évident : la possibilité de "suivre" un trader confirmé peut constituer un bon moyen de se former et donne un avantage certain à eToro pour attirer de nouveaux clients sur sa plate-forme. Côté traders experts, le fournisseur compte sur les motivations classiques des "contributeurs" sur les réseaux sociaux : le plaisir et/ou la fierté d'être "suivi" et d'être considéré comme un gourou dans son domaine.

Il reste à voir si l'activité de trading sera un terrain favorable à ce type de comportement. Les premières expériences dans la finance personnelle (avec Wesabe notamment) ont montré que, malgré le scepticisme qui accompagnaient leurs débuts, "la sauce 2.0" pouvait prendre. Alors pourquoi pas pour le trading ?

Partenariat entre NovaSparks et Level 3

Après les banques d'investissement et les fournisseurs de solutions pour les marchés financiers (Solace, par exemple), NovaSparks, le spécialiste "No Latency", annonce cette fois un partenariat avec un important opérateur de réseaux, Level 3.

La stratégie de la jeune société française reste cependant constante et vise à offrir aux opérateurs de marché la latence minimale qui leur permet d'améliorer leur réactivité dans leurs opérations. Les premières implémentations ont ainsi ciblé l'accès ultra-rapide aux données de marché et ce nouveau partenariat étend ce même objectif sur les longues distances couvertes par les réseaux de télécommunication. Un test réalisé en conditions opérationnelles avec une banque (non citée) a démontré un gain moyen de 40 à 100 microsecondes sur une liaison entre Londres et Francfort, ce qui est signifiicatif pour les applications ciblées.

Après des débuts un peu difficiles, en raison de sa jeunesse, NovaSparks commence à s'affirmer comme un acteur incontournable dans la "guerre de la latence". La récente prise de participation de Partech International dans la société illustre d'ailleurs bien la confiance qu'elle inspire désormais sur ce marché.

Clause de transparence : je connais bien le CEO de NovaSparks ;-)

[Tech] App Inventor, le développement pour tous sur Android

App Inventor
Google dévoile App Inventor, un nouvel outil pour créer des applications pour son système mobile Android. Mais la particularité d'App Inventor est de ne requérir aucune connaissance en programmation : la création des applications se fait entièrement en assemblant des blocs d'éléments d'interface ou de comportement logiciel.
(Cliquez pour agrandir)

Dans la bataille des systèmes pour smartphones, les applications sont devenues un des enjeux majeurs de compétitivité sur le marché. Apple (et son AppStore), qui a initié le mouvement, reste n°1 mais Android progresse désormais très rapidement. Avec un outil visant les non développeurs, Google essaye encore de renforcer ses positions.

Au premier abord, App Inventor devrait permettre de voir l'émergence de nouvelles applications simples sur l'Android Market (au risque de voir celui-ci submergé de produits sans intérêt). Mais, et c'est certainement le plus important, il devrait également donner une impulsion au développement "classique" : lorsque les utilisateurs de l'outil auront appris à maîtriser la création de "petits" logiciels, ils hésiteront moins à franchir le pas de la programmation, qui restera indispensable pour les réalisations plus ambitieuses.

L'approche du développement entièrement graphique n'est pas nouvelle dans le monde du mobile : RIM (pour le BlackBerry) et Nokia, notamment, s'y sont déjà frottés, sans grand succès. La différence pour App Inventor est de générer de véritables applications natives, ce que ne faisaient pas ces prédécesseurs.

Google a donc une chance de réussir et de prendre une belle avance sur Apple (qui reste imperturbablement attaché au développement en Objective C). Prions pour que l'Android Market ne soit pas une victime collatérale du succès (avec une marée d'applications inutiles)...

samedi 10 juillet 2010

Un nouveau programme pour lutter contre la fraude en ligne

Sous l'égide de la "National Cyber-Forensics & Training Alliance" (NCFTA), organisme à but non lucratif créé pour renforcer la coopération public-privé dans le domaine de la cyber-criminalité, l'iniviative "Internet Fraud Alert" a vu officiellement le jour le 21 juin dernier.

L'objectif de ce programme est de permettre aux chercheurs de notifier en toute confiance les entreprises victimes de vols de données confidentielles, telles que codes de cartes bancaires ou informations d'identifiation en ligne (utilsateurs / mots de passe). L'ensemble est organisé autour d'un système d'alerte centralisé qui informe immédiatement l'entreprise (adhérente) lorsqu'une découverte la concerne, lui permettant de prendre très rapidement les mesures de protection nécessaires.

Internet Fraud Alert prendra tout son intérêt s'il réussit à rassembler une large communauté, à la fois du côté des chercheurs et des entreprises, les commerçants en ligne et les institutions financières étant les principaux "clients" potentiels. Les membres fondateurs comprennent Accuity, l'Anti-Phishing Working Group (APWG), McAfee, Microsoft (pour la recherche), l'American Banker Association, la Citizens Bank, eBay et PayPal (pour les "clients").

Face aux menaces qui se multiplient sur Internet, les entreprises victimes potentielles de fraude sont confrontées à deux problèmes auxquels l'approche d'Internet Fraud Alert peut répondre : les contacts avec les chercheurs et la rapidité de réaction lorsqu'un incident est découvert.

A quand une telle initiative en France, ou mieux, une version internationale ?

vendredi 9 juillet 2010

AT&T se lance dans le paiement mobile, côté marchand

AT&T, le géant américain des télécommunications, annonce un partenariat avec la jeune société Apriva pour fournir à ses clients commerçants des applications mobiles leur permettant d'accepter les paiements par carte sur leur smartphone. La cible visée est celle de tous les petits commerçants itinérants ou marchands ambulants qui perdent des ventes en ne pouvant accepter que des paiements en espèces.

L'offre se décline en deux versions : l'une est simplement basée sur une application web, accessible avec le navigateur de n'importe quel mobile, la seconde est une application embarquée (pour Windows Mobile uniquement), connectée en option à un lecteur de carte et à une imprimante.

Les applications de ce type se multiplient actuellement, après le démarrage en fanfare de Square, et je dois avouer que celle-ci ne me convainc pas : avec les parts de marché en chute libre de Windows sur mobile, la cible pour l'application embarquée devient une niche et la version web n'est probablement pas très sécurisée (on peut imaginer que le marchand demande les informations de sa carte à son client, qu'il saisit ensuite, mais il n'est pas envisageable d'authentifier le porteur de la carte sur un matériel "étranger"...).

Néanmoins, l'intérêt de cette information est de montrer l'intérêt des opérateurs de télécommunication pour le marché des paiements mobiles. La bataille va être rude...

jeudi 8 juillet 2010

Farmers Insurance Group adopte le livre électronique

Depuis la sortie du lecteur Kindle d'Amazon, le livre électronique (eBook) connait une forte croissance, à la fois avec les appareils dédiés et avec les applications pour mobile ou pour tablette (dont l'iPad d'Apple, naturellement).

Malgré un potentiel important et le contexte favorable des efforts de dématérialisation qu'entreprennent toutes les entreprises de service, l'usage professionnel des livres électroniques reste pourtant marginal.

L'initiative du groupe américain d'assurance Farmers, filiale de Zurich Financial Service, est donc exemplaire : l'assureur a mis en place un portail dédié aux e-readers (lecteurs d'eBooks) sur lequel ses collaborateurs peuvent accéder à des supports de vente et de formation, sous forme de livres électroniques. L'objectif est simplement de s'assurer que ces documents sont disponibles le plus rapidement possible, dans un maximum de formats (le portail en gère plusieurs) et qu'ils permettent aux agents de se former en permanence.

Référence : Insurance & Technlogy

PayPal et le mobile

Lors d'un déplacement en Australie, Laura Chambers, directrice "mobile" de PayPal a fait un tour d'horizon des paiements mobiles et, en particulier, de la stratégie de la filiale d'eBay dans le domaine.

Dans le compte-rendu qu'en fait Charis Palmer (The Better Banking Blog), deux passages attirent mon attention :
  • L'importance de considérer que le mobile constitue un canal à part entière et non simplement un dérivé du web ;
  • L'intérêt de PayPal pour des partenariats avec les banques et les opérateurs mobiles.
Pour autant que je sache, ce dernier point constitue une inflexion de stratégie pour PayPal : passée la période de démarrage (il y a plus de 10 ans) et en dehors de quelques accords de "distribution" (avec BNP Paribas, par exemple), PayPal avait jusqu'à maintenant plutôt tendance à faire cavalier seul. Il y a peut-être là une belle opportunité pour une banque qui souhaiterait innover dans un domaine prometteur avec un partenaire solide...

Green IT : il reste du chemin à parcourir

Avec la publication des statistiques 2009, le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer se félicite d'une baisse historique de la consommation énergétique et des émissions de CO2.

Avec une diminution de 3,8%, la France revient ainsi à un niveau de consommation d'énergie proche de celui d'il y a 10 ans. Conjointement, une forte progression des énergies renouvelables (solaire et éolien), de plus de 16%, conforte la réduction des émissions de GES (gaz à effet de serre), de 5,7% pour la part liée à l'énergie.

Hélas, parmi ces beaux résultats, on constate que la baisse de consommation énergétique dans le secteur résidentiel / tertiaire (dommage que les deux ne soient pas distingués) n'a été que de 0,9%, très loin derrière l'industrie (-9,7%). Ainsi, les grands plans "Green IT" (ou Eco-TIC, en "bon" français) des entreprises du tertiaire (institutions financières en tête) semblent n'être que des effets d'annonce ou manquer d'efficacité.

Ne soyons tout de même pas trop pessimistes : il est vrai que les grands chantiers n'ont été lancés que récemment et que leurs effets ne peuvent être immédiats. Espérons donc que les chiffres 2010 verront une belle amélioration et, en attendant, poursuivons les efforts pour améliorer l'efficacité énergétique des gros centres de production informatiques et des millions de PC utilisés dans les entreprises !

MasterCard avance dans le m-commerce

MasterCard
La concurrence fait rage entre les grands émetteurs de cartes de crédit (MasterCard, Visa et American Express) et cette rivalité se développe sur l'AppStore d'Apple avec la sortie régulière de nouvelles applications pour l'iPhone.

Cette fois, c'est donc MasterCard qui lance "MasterCard MarketPlace for Overwhelming Offfers" (MC-OO), prolongeant sur mobile son initiative e-commerce "MarketPlace". L'application, réalisée avec Next Jump, un spécialiste du commerce en ligne, propose chaque jour aux porteurs de carte de la marque des promotions sur les produits des commerçants partenaires.

MC-OO

Après les désormais classiques applications de localisation de DAB (distributeurs automatiques de billet) et de transfert d'argent, MasterCard continue donc à investir le terrain du mobile, s'éloignant progressivement de son coeur de métier. Ce type d'application reste néanmoins un bon moyen de différenciation pour des entreprises dont l'activité principale est banalisée...

mercredi 7 juillet 2010

Les assureurs aussi veulent innover !

Le domaine de l'assurance n'est pas de ceux que l'on associe spontanément à l'esprit d'innovation. Pourtant, la pression concurrentielle et réglementaire (avec Solvency II, notamment) ainsi que les profondes transformations sociétales à venir constituent des stimulateurs importants et c'est la raison pour laquelle le pôle de compétitivité Finance Innovation vient de publier un livre blanc sur le sujet.

Parmi de multiples thèmes dont, naturellement, ceux liés directement aux produits et services d'assurance, le résultat des réflexions du comité stratégique "L'innovation dans l'Assurance" laisse également une place aux technologies émergentes et leurs possibles utilisations, dans deux directions principales : relation client et efficacité opérationnelle (sans surprise !).

Le contenu du livre blanc sur ce domaine est un peu brouillon mais il aborde tous les sujets brûlants du moment dont, pour la relation client :
  • L'impératif d'une gestion multi-canal efficace et transparente ;
  • Les possibles apports du web social, à la fois comme canal à part entière mais également comme source d'information sur les clients et leurs attentes (il est aussi question de l'utilisation des mêmes outils dans l'entreprise, pour la collaboration interne) ;
  • Une attention particulière portée sur l'e-réputation ;
  • Le besoin de mieux croiser et analyser toutes les informations disponibles sur les clients ;
  • L'émergence de nouveaux moyens de communication (smartphones) et de nouvelles interfaces (tables tactiles) ;
et, pour l'efficacité opérationnelle :
  • La fluidification des processus multi-acteurs ;
  • La dématérialisation (pour laquelle sont cités le potentiel des mobiles ainsi que des stylos électroniques) ;
  • La perspective de potentiel du Cloud Computing.

Pour répondre à ces enjeux, les assureurs se disent démunis en matière de processus d'innovation. Quelques pistes sont évoquées dans le livre blanc mais il semble clair que tout le travail reste à faire...

Merci à Laurent pour le relais d'information ;-)

FriendsClear se repproche de son objectif initial, le "P2P Lending"

Lancé en 2008, FriendsClear voulait devenir le premier acteur français du "P2P Lending" (prêt-emprunt de pair à pair), sur les modèles d'un Zopa (UK) ou d'un Prosper (USA).

Malheureusement, les exigences réglementaires avaient contraint la société à revoir ses ambitions et le site s'est finalement lancé (avec le support du Crédit Agricole) dans un simple modèle d'assistance aux prêts-emprunts entre particuliers, aidant dans ce cas les deux parties à formaliser et sécuriser leur accord. Le service FriendsClear Pro a démarré dans un deuxième temps : il met en relation sur Internet des entrepreneurs en recherche de financement et des investisseurs particuliers.

A l'occasion d'une levée de fonds, la société annonce maintenant qu'elle s'apprête à lancer FriendsClear Public, un véritable service de P2P Lending, semblable à ses modèles anglo-saxons, et qui est affiché comme une "véritable alternative au crédit à la consommation".

Après des débuts en fanfare, les services de P2P Lending ont été, dans presque tous les pays où ils existent, modérés dans leurs ardeurs par les autorités de tutelle financière. Ainsi, Prosper, le leader américain, a du interrompre ses activités pendant de longs mois avant d'obtenir une licence. C'est donc un peu l'ensemble du marché qui redémarre en ce moment.

Cependant, la période 2008-2009 a tout de même permis de valider le modèle de ces entreprises : alors que la crise immobilière s'abattait sur les Etats-Unis, les P2P Lenders ont continué leur activité, subissant naturellement une hausse des taux de défaut, mais dans des limites acceptables.

En l'état, il est difficile de voir l'arrivée de FriendsClear sur le marché comme une réelle menace pour les professionnels du crédit à la consommation. Pour prendre un exemple, après 5 ans d'activité, Prosper affiche environ 200 millions de prêts-emprunts traités, ce qui représente une goutte d'eau dans le marché américain. Cette goutte d'eau se transformera-t-elle un jour en raz-de-marée ? En tous cas, le Crédit Agricole a certainement joué une bonne carte en s'associant à FriendsClear...

Mise à jour (08/07/2010): J.C. Capelli précise, dans un commentaire, que la stratégie de montée en puissance en 3 étapes était planifiée dès l'origine de la société.

[Tech] NoSQL démystifié

Les géants du web (Google, Facebook, Twitter...) ont aidé à populariser le concept "NoSQL", une alternative aux traditionnels SGBDR ("Systèmes de Gestion de Bases de Données Relationnelles") qui leur permet de gérer les masses colossales d'informations qu'ils collectent et utilisent.

Ces exemples donnent des idées aux autres utilisateurs de masses de données volumineuses, dont les établissements financiers. Malheureusement, les mythes et légendes entourent encore les principes de NoSQL (dont le nom est un acronyme pour "Not Only SQL" et non un rejet total du langage de requête SQL), laissant croire qu'il s'agit de la solution ultime de gestion des données.

Pour remettre les choses au point, le site DZone publie une "Refcardz" sur le sujet, qui, bien que de teneur technique, décrit de manière claire et précise les potentiels et les limitations des bases NoSQL (et propose, de plus, une analyse détaillée de 3 "produits").

Le postulat de départ est que, pour gérer des volumes potentiellement infinis de données, une solution de gestion distribuée est indispensable. Or, pour un système de données distribuées, le théorème "CAP" établit qu'il est impossible de satisfaire à plus de 2 des 3 contraintes suivantes : "Consistency" (intégrité des données), "Availability" (disponibilité du système) et "Partition tolerance" (résistance aux ruptures de connectivité entre les noeuds distribués).

La distinction entre SGBDR (distribué) et base NoSQL devient alors simple à comprendre : le premier mettent l'accent sur l'intégrité et la disponibilité, alors que la seconde va toujours privilégier la "Partition tolerance" et l'une des deux autres contraintes, sacrifiant généralement l'intégrité. Un des critères de choix est donc directement dérivé des contraintes de niveau de service attendu par les utilisateurs.

Un autre critère de choix est celui de la typologie de données : les SGBDR sont particulièrement adaptés à la gestion de données très structurées et uniformes alors que les bases NoSQL sont plus à l'aise dans la gestion de documents, de paires clés-valeurs (comme Google Datastore), d'objets ou de graphes de données.

On le voit, dans un SI bancaire, NoSQL ne remplacera pas beaucoup des SGBDR existants (peut-on accepter des pertes d'intégrité sur les données de la banque ?), même s'il existe de nombreux cas d'utilisation possibles. Il ne faut pas non plus oublier, dans la panoplie des solutions de gestion des données, les approches de types "grille de données" (sur le modèle MapReduce) qui consistent à répartir les traitements de données en multiples unités totalement autonomes, distribuées sur une multitude de systèmes. Elles constituent le meilleur choix pour traiter les problématiques de modélisation financière ou de data mining, par exemple.

Cius, la tablette professionnelle de Cisco

Cisco Cius
Initialement, j'avais décidé (arbitrairement, comme d'habitude) de faire l'impasse sur la tablette Cius de Cisco. Mais l'appareil ayant apparemment sucité l'intérêt de Wells Fargo, ma curiosité a pris le dessus.

Après le tsunami de l'iPad d'Apple, les annonces de tablettes plus ou moins identiques se sont mises à fleurir. Celle de Cisco était donc un peu "noyée" dans la masse. Pourtant, à y regarder de plus près, il s'agit bien d'une nouveauté et non d'une copie : la Cius est une tablette focalisée sur les besoins des entreprises.

Fonctionnant sur le système Android de Google, elle offre naturellement toutes les fonctions attendues d'un tel appareil : connectivité étendue (WiFi, 3G/4G, bluetooth), navigation internet, gestion des mails, installation d'applications (via l'Android Market)...

A cela Cisco ajoute : la sécurisation (grâce à un client VPN embarqué), l'intégration native avec ses outils de communication et de collaboration (dont WebEx et Quad, l'outil de réseau social d'entreprise maison), les capacités HD (audio et vidéo) compatibles avec ses solutions de téléprésence et le support (natif, toujours) de l'accès au poste client virtualisé, permettant d'utiliser toutes les applications de l'entrerprise. Pour cette dernière fonction, la technologie retenue n'est pas précisée mais certains analystes pensent qu'il s'agira du client VMWare View .

Alors que l'Ipad commence à s'introduire (insidieusement) dans les entreprises, au grand dam des responsables de la sécurité, la Cius pourrait permettre de répondre aux attentes des utilisateurs en leur offrant une véritable dimension supplémentaire pour leurs activités professionnelles, là où la tablette d'Apple ne permet finalement que, au mieux, dans le contexte de l'entreprise, de surfer sur le web et consulter sa messagerie. Les possibilités d'accéder aux applications d'entreprise en toute sécurité (sous réserve d'avoir adopté la virtualisation du poste de travail, avec la "bonne" solution) et de démocratiser l'accès à la visioconférence de haute qualité (sans avoir à chercher une salle équipée) sont certainement des arguments de poids pour les collaborateurs itinérants.

Enquête sur les "digital natives"

Les "digital natives", cette génération des 18-24 ans qui ont toujours connu les outils numériques (ordinateurs, internet, jeux vidéos, téléphone mobile...) et qui arrive maintenant dans les entreprises, sont l'objet de nombreux articles, regorgeant plus souvent de légendes que de faits avérés.

Pour la première fois, l'institut BVA s'est penché en détail sur ce "phénomène", en réalisant une étude poussée, basée sur des enregistrements des comportements et des interviews d'une centaine de représentants de la "génération numérique".

L'objectif de cette étude était de vérifier et de mesurer les effets du monde numérique sur les capacités psychologiques et cognitives, tels qu'ont pu les démontrer quelques études scientifiques américaines. Et quelques-uns de ces effets semblent en effet être confirmés : sous une apparence de superficialité, de rejet de l'autorité se cacheraient des changements profonds dans les motivations et les représentations des digital natives, avec un rapport au temps, à l'espace, à l'information, à la morale, à l'autorité très différent de celui des générations précédentes.

L'étude complète (plus de 500 pages) est un support indispensable pour les grandes enteprises qui vont se trouver confrontées à des générations de nouveaux clients et de nouveaux collaborateurs, dont il sera important de comprendre le "fonctionnement" pour continuer à les séduire.

Référence : communiqué de presse BVA (incluant quelques extraits de l'étude)

mardi 6 juillet 2010

L'EPC publie son livre blanc du paiement mobile

L'EPC (European Payment Council) publie un livre blanc sur le paiement mobile, qu'il voit comme un canal idéal pour le lancement des instruments de paiement SEPA.

Le document est principalement axé sur le paiement mobile sans contact, dont on sait que, malgré de multiples expérimentations, il a du mal à percer en Europe. L'EPC s'attache donc à en démontrer la pertinence et l'intérêt qu'ont toutes les parties prenantes (opérateurs mobiles, banques, commerçants) à s'entendre pour en faire un succès. Le groupement indique d'ailleurs travailler avec plusieurs partenaires, dont la GSMA (GSM Association, association des opérateurs) pour établir des standards dans le domaine.

Ces initiatives seront-elles suffisantes pour déclencher enfin la généralisation du paiement mobile ? On peut en douter : celle-ci sera certainement encore longue à venir car les principaux concernés (consommateurs et marchands) ne sont pas encore convaincus de l'intérêt qu'ils peuvent y trouver, au-delà des vagues promesses (réduction de coûts, rapidité, sécurité...) qui leurs sont faites...

Chase sur iPhone : dépôt de chèque et paiement P2P

Chase
Chase, une des 4 banques américaines les plus importantes, vient de publier une nouvelle version de son application iPhone, qui apporte son petit lot d'innovations.

Il s'agit en premier lieu du dépôt de chèque mobile, sur un mode identique a celui qu'a lancé USAA (une banque plus modeste) il y plusieurs mois. Le client doit prendre en photo les deux faces du chèque endossé, qu'il ne lui reste plus qu'à envoyer à sa banque pour qu'il soit crédité sur son compte.

Chase sur iPhone

Rappelons que le mode de traitement des chèques aux Etats-Unis est assez différent de celui que nous connaissons et qu'une transposition de ce type de fonction en France n'est probablement pas envisageable, en tous cas sous cette forme.

La seconde innovation est le paiement de pair à pair (peer-to-peer), avec un fonctionnement aussi simple qu'avec PayPal : il suffit d'indiquer le montant à transférer et l'adresse mail du bénéficiaire (qui peut ne pas être client de Chase) et le tour est joué ! Il n'est pas précisé comment le destinataire reçoit les fonds ainsi transférés...

Alors que (presque) toutes les banques américaines ont maintenant investi l'AppStore d'Apple (et pour certaines, l'Android Market), commencent maintenant à émerger de nouveaux services à valeur ajoutée sur mobile. Dans le cas de Chase, le plus intéressant de mon point de vue est le paiement P2P : alors que PayPal existe depuis plus de 10 ans, il s'agit presque de la première tentative d'une banque d'entrer sur ce marché.

Mise à jour (08/07/2010) : Bart Narter (Celent) nous apprend dans son blog que le dépôt de chèque ne fonctionne pas parfaitement (la reconnaissance de caractères pour identifier le montant du chèque pris en photo laisse à désirer).

Flattr, le micro-paiement revisité

Créé par des anciens "proches" de The Pirate Bay, Flattr est un nouveau service de micro-paiement sur le web, d'origine suédoise (encore en version beta).

Son modèle est aussi simple que malin : les participants déposent une somme fixe sur leur compte (à partir de 2 euros) puis ils peuvent installer des boutons "Flattr" sur leurs sites, blogs, forums... Chaque utilisateur est connecté en permanence au service et peut donc cliquer sur les boutons "Flattr" qu'il rencontre sur le web, sans avoir à fournir aucune information, pour réaliser un don. A la fin de chaque mois, la somme allouée mensuellement est répartie (à parts égales) entre toutes les personnes qui ont été "Flattred". Côté coûts, la société prélève 10% des revenus perçus par ses membres.

Pourquoi malin ? Parce que la plaie du micro-paiement est son modèle économique : aucun intermédiaire ne peut survivre en gérant des paiements de quelques centimes. Flattr a résolu ce problème en misant sur l'aggrégation, du côté des payeurs et des destinataires, ne gérant ainsi des règlements "réels" que de montants "raisonnables".

Alors que le service est encore en version beta, les utilisateurs semblent satisfaits : bien que les paiements unitaires soient modestes (et incontrôlables : le montant de la contribution ne peut pas être fixé par le "vendeur"), certains reçoivent déjà plusieurs centaines d'euros par mois !

L'innovation chez Wells Fargo

Wells Fargo
Dans une session de Q&A (questions / réponses) avec Bank Systems & Technology, Wayne Mekjian, patron des systèmes d'information de Wells Fargo présente son approche de l'innovation technologique.

Si vous ne souhaitez pas prendre le temps de lire l'article, en voici quelques éléments choisis :
  • Travailler "petit" plutôt que voir "grand". La préférence va au petites expérimentations qui peuvent ensuite prendre de l'ampleur.
  • Les sujets du moment comprennent : les communications avec les partenaires et les clients (notamment visioconférence et mobile), cloud computing et gestion des données.
  • Les innovations ciblant les clients sont basées sur leurs attentes. Celles-ci sont évaluées par des méthodes traditionnelles (enquête, focus groups...) mais aussi en mettant à contribution les milliers de collaborateurs de la banque, dont la plupart en sont aussi les clients.
Les recettes de Wells Fargo semblent bien fonctionner : dans un contexte économique difficile et au milieu d'un énorme chantier de fusion (avec Wachovia), la banque a récemment dévoilé trois nouvelles applications mobiles (sur Android, Blackberry et Palm WebOS) et une fonction innovante de transmission électronique des reçus de DAB (distributeur automatique de billet).

CBA esquisse une stratégie "cloud"

Dans une interview, le directeur du "support aux services" de la Commonwealth Bank of Australia présente la stratégie de la banque vis-à-vis du "cloud computing", visiblement très en avance sur la concurrence.

Comme base de cette stratégie, CBA a construit, sous forme de PoCs ("Proof of Concept"), une plate-forme de cloud interne constituant une architecture de référence virtualisée. L'étape suivante est d'imposer cette architecture à tous les fournisseurs consultés pour des contrats d'externalisation traditionnels. Jusque là, il s'agit donc d'une démarche de standardisation facilitant la "réversibilité" et les clauses de transfert classiques des grosses opérations d'externalisation.

Mais la vision de CBA ne s'arrête pas là : au-delà de ce mode hébergé "normal", que le client paye en fonction des ressources réservées (et non en fonction de son usage), l'architecture standardisée doit également permettre à la banque de faire appel à des ressources supplémentaires, en mode cloud cette fois, lorsque des circonstances exceptionnelles le demandent (par exemple lors d'un pic de charge). Bien que concentrée actuellement sur des fournisseurs "privés", CBA n'exclut pas le "cloud public" de sa réflexion même si, en l'état, elle considère les problématiques de sécurité et réglementaires comme bloquantes.

Selon la banque, cela lui permettra d'optimiser ses coûts d'infrastructure, lorsque l'équilibre optimal entre les ressources qui lui sont réservées pour un usage normal (et donc utilisées au mieux) et celles qui sont mises à contribution ponctuellement sera atteint.

Un des exemples cités où cette approche semble prometteuse est celui du développement logiciel, ce qui n'est pas une surprise car il s'agit du principal domaine où la valeur du "cloud computing" est bien comprise par les grandes entreprises.

lundi 5 juillet 2010

Crédit Agricole : banco sur Flash et flop sur iPhone

Crédit Agricole
Le Crédit Agricole fait l'actualité dans deux domaines différents, que je vais aborder (arbitrairement) dans un seul article.

Tout d'abord, c'est l'annonce, commune avec Adobe, du choix de Flash pour le projet NICE, vaste chantier de refonte du "poste de travail" de la banque. Exit donc Silverlight de Microsoft, qui avait été utilisé pour les premiers démonstrateurs. L'objectif affiché est de créer des applications indépendantes de la machine, du système d'exploitation et du navigateur utilisé, accessibles à la fois aux chargés de clientèle et aux clients.

Si cette logique fait sens (avec Flash ou Silverlight), on peut tout de même s'interroger sur la pérennité de cette stratégie alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour critiquer Flash, la plus emblématique étant celle de Steve Jobs qui refuse à Adobe le droit de porter sa plate-forme sur l'iPhone. Et cette absence sur le célèbre smartphone d'Apple entaille dès le début du projet la cible d'universalité des futures applications...

Mon BudgetL'autre nouvelle concerne l'application "Mon Budget" pour iPhone : moins d'une semaine après son lancement, un communiqué (sur Facebook !) fait état de gros problèmes de surcharge des serveurs, qui seraient dus à un nombre d'utilisateurs plus important que prévu. Ces difficultés ont conduit la banque à suspendre la distribution de l'application sur l'AppStore d'Apple.

Ces difficultés me surprennent : parmi les informations données dans le communiqué, on peut lire que l'application figure dans le Top 25 de l'AppStore, ce qui devrait correspondre, à mon avis, à un maximum de 50 000 téléchargements. Si les serveurs ne supportent pas cette charge, modeste en regard des 20 millions de clients de la banque, c'est certainement le signe d'un gros raté, dans le développement et dans les tests. Trop de précipitation ?